Pierre Vandersmissen, commissaire divisionnaire en charge des manifestations à Bruxelles, l'avait déjà fait savoir : il souhaitait poursuivre Alexis Deswaef, ancien président de la Ligue des Droits Humains (LDH), "avec ou sans le soutien de nos autorités".

D'après nos informations, des poursuites en justice sont désormais engagées. En effet, Alexis Deswaef est cité directement à comparaître devant le tribunal correctionnel de Bruxelles pour deux motifs : harcèlement et outrage. La période infractionnelle court de 2008 à 2016.

"La procédure est inhabituelle. Pour qu'elle réussisse, il faut un dossier béton. Or, nous n'avons pas l'impression que c'est le cas", souligne Jean-Pierre Buyle, l'avocat d'Alexis Deswaef. Et de rappeler qu'une plainte déposée par Pierre Vandersmissen contre Alexis Deswaef a déjà été classée sans suite. En parallèle, Alexis Deswaef avait porté plainte contre le commissaire pour arrestation arbitraire et des devoirs d'enquête complémentaire, réalisés à la demande de M. Deswaef, sont actuellement en cours. "Il aurait été adéquat d'attendre que ceux-ci soient terminés", note Jean-Pierre Buyle qui décèle dans cette procédure judiciaire une "forme d'acharnement curieux".

Du côté de la Ligue des Droits Humains, la procédure introduite devant le tribunal correctionnel étonne tout autant. Et inquiète. "Sur la période infractionnelle de huit ans, Alexis Deswaef avait, en tant que président de la Ligue, donné des interviews où il nommait directement le commissaire. Est-ce ça qui est considéré comme du harcèlement ? Pierre Vandersmissen est un personnage public, il n'y avait pas de raison de ne pas parler de lui quand on parle de manifestations dont il est en charge. Alexis serait poursuivi pour des propos tenus publiquement, ou dans les médias, en tant qu'avocat et président de la Ligue ! Cette procédure est très inquiétante : c'est de l'intimidation policière et une atteinte à la liberté d'expression", estime Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la LDH.