Les trois complices belges d'origine iranienne, condamnés à des peines allant de 15 à 18 ans de prison, ont décidé eux aussi de faire appel. Condamnés le 4 février en première instance à Anvers, ce diplomate et trois complices d'origine iranienne disposaient d'un délai de trente jours pour réclamer un nouveau procès, et tous les trois ont décidé de faire appel.

Aucune précision n'a toutefois été donnée sur la date à laquelle pourrait avoir lieu le procès en appel.

Un attentat à la bombe devait viser le 30 juin 2018, à Villepinte, près de Paris, la grand messe annuelle du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), coalition d'opposants dont la principale composante est l'organisation des Moudjahidine du peuple (MEK).

Le jour même, un couple domicilié à Anvers est arrêté par la police à Woluwé-Saint-Pierre en possession de 500 grammes d'explosif TATP et d'un détonateur dans sa voiture.

L'interpellation a lieu in extremis et le rassemblement se tient comme prévu avec ses invités de prestige, dont une vingtaine sont parties civiles dans la procédure aux côtés du CNRI (entre autres la Franco-Colombienne et ex-otage des FARC Ingrid Betancourt).

M. Assadi, à l'époque en poste à l'ambassade d'Iran à Vienne, est arrêté le 1er juillet en Allemagne, où les enquêteurs estiment qu'il ne bénéficie plus de son immunité diplomatique.

Considéré comme le coordinateur de l'opération et le fournisseur de la bombe, il a toujours nié les faits. Il était absent tant à l'énoncé du jugement le 4 février que lors du procès fin novembre.

Jugé pour "tentatives d'assassinat à caractère terroriste" et "participation aux activités d'un groupe terroriste", M. Assadi, 49 ans, a écopé de la peine maximale de vingt ans de prison conformément à ce qu'avait demandé le parquet.

Selon l'accusation l'enquête a montré qu'Assadi est en réalité un agent du renseignement iranien "agissant sous couverture diplomatique" et qu'il a coordonné ce projet terroriste en s'appuyant sur trois complices, le couple domicilié à Anvers ainsi qu'un ancien poète dissident iranien exilé en Europe, qui devait accueillir et guider les poseurs de bombe à Villepinte.

La femme du couple, Nasimeh Naami, a été condamnée à 18 ans de prison, et son compagnon Amir Saadouni à 15 ans. Quant à l'ancien dissident, Mehrdad Arefani, présenté comme un agent du renseignement iranien agissant depuis la Belgique, il a été condamné à 17 ans de prison. Le tribunal a assorti leur condamnation d'une déchéance de leur nationalité belge.

Ce dossier a suscité des tensions diplomatiques entre Téhéran et plusieurs capitales européennes. Après le jugement en février l'Iran avait convoqué l'ambassadeur de Belgique à Téhéran pour protester contre "la décision illégale" rendue à Anvers