Le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné vendredi Rahma B., une femme de 32 ans de retour de Syrie, à cinq ans de prison et 8.000 euros d'amende pour sa participation aux activités d'un groupe terroriste. Elle est aussi déchue de sa nationalité belge et son arrestation immédiate a été ordonnée.

Rahma B. avait pu s'échapper d'un camp de prisonniers kurdes dans le nord de la Syrie en novembre 2019 et traverser la frontière turco-syrienne. Elle s'était rendue aux autorités turques et avait été renvoyée en Belgique. Le 29 novembre, elle a atterri à l'aéroport de Zaventem et a été immédiatement transférée à l'infirmerie de la prison de Bruges. Elle a été touchée par des éclats d'obus en Syrie et doit toujours se déplacer avec des béquilles. Elle a également perdu ses deux maris et ses trois enfants dans l'attentat.

La femme a été condamnée par défaut en juin 2019 pour avoir participé aux activités d'un groupe terroriste. Après son retour en Belgique, elle a immédiatement fait opposition. "Je me rends compte que ce que j'ai vécu est de ma faute. Cette idéologie radicale, qui n'a causé que des problèmes, est maintenant hors de mon esprit", a-t-elle assuré devant le tribunal.

Cependant, le ministère public ne croit pas aux regrets de Rahma B. et a qualifié son profil de "préoccupant". Elle aurait fait, selon lui, bien plus en Syrie que de soutenir moralement ses maris et de s'occuper des enfants et du ménage. Selon le magistrat fédéral, de nouveaux éléments ont montré qu'elle avait également subi une formation à la manipulation d'explosifs et qu'elle appartenait à un bataillon de combattantes de l'EI. La défense avait fermement réfuté tout cela.