"Elle était convaincue que l'euthanasie était la solution pour elle", a déclaré, mardi matin à la cour d'assises de Gand, un ami de Tine Nys, avec qui elle a passé cinq heures le dernier jour de sa vie. "Elle m'a en tout cas convaincu de pourquoi elle faisait ça. Combien c'était important et pourquoi elle le voulait." Tine Nys, âgée de 38 ans, a été euthanasiée le 27 avril 2010 sur base de ses souffrances psychiques.

Selon le ministère public, les conditions de la loi sur l'euthanasie n'ont pas été respectées et les trois médecins impliqués dans le décès doivent répondre d'empoisonnement. Le témoin, qui est inspecteur de police à Saint-Nicolas (Flandre orientale), a été convoqué à la demande du premier accusé ainsi que du troisième.

"Je ne sais plus exactement comment je l'ai connue, mais c'était en soirée à Saint-Nicolas. Je pense que je la connais depuis cinq ans. (...) Elle m'a raconté ses problèmes. J'ai remarqué que ça lui pesait beaucoup", a déclaré son ami.

"Elle a dit (après sa dernière rupture, ndlr) 'je vais avoir recours à l'euthanasie'. J'ai été étonné que ce soit possible, mais cela semblait à ma grande surprise légalement possible. (..) Je pense que cela a même pris trop de temps à ses yeux", a expliqué le témoin. "Nous nous sommes vus le dernier jour de sa vie. Elle est restée avec moi de 12 à 17 heures. C'était une belle journée, pleine de rires et plaisanteries."

"Quand je repense à cet après-midi, c'était comme tous les autres jours où je l'ai vue. L'adieu a été très court et concis. Un baiser et une journée, et elle était partie. (...). Je lui ai dit "au cas où tu changerais d'avis, ce n'est pas grave'. Elle a répondu 'non'. Ce soir-là, j'ai reçu des SMS de remerciement. Quelques jours plus tard, j'ai appris qu'elle était morte."