En première instance, SNCB et Infrabel avaient été jugés coresponsables - ainsi que, dans une moindre mesure, le conducteur d’un des trains - de la catastrophe de Buizingen, le 15 février 2010, lorsque deux trains étaient entrés en collision, causant la mort de 19 personnes tandis que 125 autres avaient été blessées.

Seul Infrabel avait fait appel de ce jugement rendu le 3 décembre 2019 par le tribunal de police. Le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire ne contestait pourtant pas sa responsabilité dans la catastrophe. Mais il estimait que le jugement, dans ses motivations, lui imposait des contraintes trop lourdes qui auraient un impact considérable sur les voyageurs et la circulation des trains.

Dans le jugement rendu vendredi, en appel, le tribunal correctionnel a légèrement revu à la baisse l’amende : c’est désormais 330 000 euros avec sursis pour la moitié.

Problème prévisible pour Infrabel

Il a estimé que, "face à une catastrophe prévisible, Infrabel n’a pas agi comme tout gestionnaire de réseau prudent et diligent, une faute qui est en lien causal avec la collision". Le tribunal a rappelé qu’il est établi que la cause première de l’accident est le franchissement d’un signal rouge par le conducteur du train, qui a été condamné en première instance. Mais il ajoute que ce problème était récurrent et donc prévisible par Infrabel. La société va analyser le jugement mais note, dans une première réaction, qu’il n’entrava pas "gravement ses missions". Elle n’ira pas en cassation.