La Cour d'Appel de liège a confirmé, le mardi 11 mai, le jugement rendu par le tribunal civil de Marche-en-Famenne le 1er août 2019 dans la guérilla judiciaire que se livrent l'Abbaye de Rochefort et la société Lhoist, indique Jean Marbehant, porte-parole de Lhoist. Ce jugement donnait raison aux moines, qui voulaient faire reconnaître leurs droits civils sur la source de la Tridaine dont l'eau leur permet de brasser la célèbre bière trappiste de Rochefort. "Lhoist va analyser avec ses avocats, une fois l’arrêt reçu, l’intérêt éventuel d’un pourvoi en cassation", précise Jean Marbehant.

Le tribunal de Marche-en-Famenne avait estimé, dans son jugement d'août 2019, que si la source appartient bien au groupe carrier Lhoist et que celui-ci est propriétaire de l'eau sur le terrain, il ne peut modifier l'acheminement de l'eau, sur base d'une servitude créée en 1833. Lhoist avait obtenu un permis unique l'autorisant à pratiquer des tests de pompage sur la nappe phréatique située sous la carrière de la Boverie, dans le but d'en approfondir l'exploitation et ainsi d'assurer l'approvisionnement en pierre à chaux jusqu'en 2046. L'abbaye de Rochefort s'y opposait car elle estimait que l'approfondissement entraînerait l'assèchement de la Tridaine et pourrait par ailleurs altérer le goût de la bière.

"Aujourd’hui Lhoist dispose de moins de 6 années d’exploitation autorisées. Au risque de devoir fermer son usine, Lhoist a décidé de demander une modification du plan de secteur pour étendre la carrière en surface, vers le nord-est de son exploitation actuelle. Cette procédure vient d’être officiellement lancée en début de cette année et une réunion publique d’information en mode virtuel a été organisée mi-février. Cette procédure devrait aboutir à l’obtention des autorisations nécessaires pour l’extension en surface de la carrière vers 2026. Grâce à ce projet, Lhoist disposerait rapidement de réserves disponibles pour 20 ans d’exploitation", termine Jean Marbehant.