Malgré les mesures et recommandations émises par le gouvernement fédéral jeudi et malgré les lignes directrices du Collège des cours et tribunaux, un grand nombre de personnes ont assisté lundi matin à l'audience du tribunal correctionnel néerlandophone de Bruxelles. 

À certains moments, plus de 30 personnes étaient rassemblées dans la salle d'audience relativement petite, ce qui a provoqué l'indignation de certains avocats. Le week-end dernier, le président du tribunal de première instance néerlandophone a fait circuler une note de service recommandant que le traitement des affaires correctionnelles non urgentes soit reporté autant que possible.

Cependant, devant la 24e chambre du tribunal correctionnel néerlandophone, toute demande de report a conduit à un regard surpris du juge présent. L'ajournement des affaires a tout de même été décidé, mais à des dates qui relevaient encore de la période des mesures en vigueur, ce qui a offusqué certains avocats.

"Je plaide à la fois en français et en néerlandais et je dois dire que la communication côté francophone a été beaucoup plus claire", explique Me Julie Crowet. "Les juges ont pris leurs responsabilités là-bas et ont systématiquement différé toutes les affaires impliquant des personnes non détenues. Et me voici dans une salle d'audience avec 35 personnes et on est étonné quand je dis que mon client est absent. Si je n'étais pas moi-même présente, l'affaire aurait probablement été traitée par contumace. Je trouve cela choquant, j'écrirai certainement à mon bâtonnier à ce sujet."