Depuis mardi, l’ensemble des ailes A, B et E, ainsi qu’une partie de l’aile D, ont été placées en confinement. Aujourd’hui, cet établissement pénitentiaire est devenu “un gigantesque cluster en ébullition”, alerte mercredi la section belge de l’Observatoire international des prisons (OIP).

Les conséquences du quasi-confinement total de la prison, avec près de la moitié du personnel absent, sont lourdes, indique l’OIP. Les détenus en cours de procès ne sont plus transférés vers les audiences. Les dossiers de congés pénitentiaires et de libération conditionnelle sont complètement bloqués. Les contacts sont très limités (quelques minutes au guichet de la cellule) avec les psychologues et assistants sociaux du service psycho-social.

L’OIP énumère encore : il n’y a plus de visites, de préaux, d’activités, de douches, de cantine… Des détenus positifs au Covid sont laissés en cellule avec des détenus négatifs. Dans ce contexte, il y a aussi une augmentation des tentatives de suicide.

Des agents en “grève émotionnelle”

Pendant 24 heures (du 11 au 12 mars), des agents ont levé le pied. “Une grève émotionnelle et donc sauvage”, qui a plongé les détenus en grande détresse, laissés parfois sans repas, sans réponse à leurs appels… Des émeutes et des bagarres ont eu lieu.

“Il sera difficile d’éteindre l’incendie”, prévient l’OIP. En temps “normal”, les prisons sont déjà au bord de la rupture. Les mesures prises par le pouvoir exécutif pour garantir les droits des détenus et éviter une crise sanitaire au sein des prisons sont totalement insuffisantes, dénonce une nouvelle fois l’OIP. “Aujourd’hui, il est trop tard pour tirer la sonnette d’alarme. Peut-on seulement espérer qu’il existe une volonté politique et judiciaire de limiter les dégâts ?”, interroge Marie Berquin, co-présidente de l’OIP.

Il y a un an, une lettre ouverte de l’OIP invitait les juges et les chambres d’instruction à “libérer, avec un accompagnement et une aide, tous les individus dont il n’est pas démontré qu’ils présentent un danger immédiat et réel pour autrui”.

L’OIP regrette de ne pas avoir été entendu. Ni par les magistrats, ni par les politiques.