Judiciaire Les prévenus tentent souvent de minimiser leur rôle. Et en disent le moins possible.

Le juge gonfle les joues et pousse un gros soupir. Il embrasse d’un regard circulaire le haut plafond, les murs et le sol. Un avocat s’avance et s’excuse d’être en retard. Ses explications sont curieuses : "Je ne savais pas si l’audience se tenait à 8 h 45 ou à 9 h. Je suis donc venu à 9 h 15. J’en ai pour cinq minutes".

Le juge l’exonère : lui aussi, dit-il, était en retard. Personne n’a visiblement envie d’être là à cette audience de vacation, où sont traitées, pendant les vacances judiciaires, les affaires qui ne peuvent attendre, car les prévenus sont détenus préventivement.

S’ils ne sont pas jugés rapidement, ils pourraient être libérés. Le palais de justice tourne donc au ralenti en cette chaude journée de juillet.

En tenue de détenu

Des policiers amènent deux détenus menottés dans le dos devant le juge. Un cliquetis accompagne l’ouverture des menottes. Comme souvent, ils se massent les poignets.

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