Salah Abdeslam a été entendu pour la 12e et dernière fois le 7 juin dernier par le juge d'instruction en charge de l'enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Le djihadiste s'est une nouvelle fois muré dans le silence alors que l'instruction touche à sa fin et que des enquêteurs belges avaient le déplacement depuis Bruxelles pour l'occasion, rapporte mardi Le Parisien. Le suspect n'est cependant pas toujours resté silencieux face à la justice, rappelle le quotidien français. Ainsi, le 28 juin 2018, l'unique survivant du commando djihadiste qui a semé la mort dans la capitale française, exige d'effectuer "une déclaration spontanée" dans laquelle il présente "les attentats comme une riposte à l'intervention militaire en Syrie contre Daech" non sans avoir rappelé au préalable son allégeance à Dieu.

L'homme reçoit également dans sa prison de l'Essonne des lettres d'au moins quatre femmes, dont l'une réside à Düsseldorf en Allemagne tandis qu'une autre, domiciliée dans le Tarn-et-Garonne et âgée de 20 ans, apparaît comme sa correspondante la plus régulière, précise Le Parisien.

Des courriers qui témoignent du "charisme gagné par Salah Abdeslam auprès d'une communauté islamiste radicale féminine" qui le voit "tantôt comme une victime du système judiciaire, tantôt comme un homme pieux dépassé par les événements", selon un rapport des policiers de la DGSI.

Salah Abdeslam se révèle aussi être un homme prosélyte, obsédé par la prière, selon les conversations captées par la sous-direction antiterroriste (SDAT), derrière les barreaux de sa prison.

L'homme se montre par ailleurs souvent sujet aux sautes d'humeur et coutumier d'agressions verbales envers le personnel pénitentiaire, poursuit Le Parisien. Un gardien se serait ainsi vu traiter de "minus" tandis qu'un autre, noir de peau, aurait été traité de "singe" lors de diverses altercations.