C’était un "casse à l’ancienne", un des plus spectaculaires de ces dernières années. Le 3 février 2019, en début d’après-midi, un homme, habillé comme les juifs orthodoxes, quitte une maison de la Nerviërsstraat à Anvers. Il tire une valise-trolley, s’arrête quelques minutes dans une synagogue et rejoint une voiture. On ne le reverra plus…

Son trolley contenait des bijoux, des diamants, des titres et une centaine de milliers d’euros. Mais aussi les documents que l’on loge dans son coffre en banque.

Il faisait partie d’un gang de Géorgiens et d’Israéliens qui, à partir d’une maison de la Nerviërsstraat, a creusé un tunnel vers l’agence BNP Paribas Fortis de la Belgiëlei, à 400 mètres de là. Ils ont aussi emprunté les conduites des égouts pour rejoindre cette agence prisée de la communauté juive d’Anvers.

Butin volatilisé

La salle des coffres présentait un trou dans le mur. Il menait à un tunnel, relié aux égouts, d’où un deuxième tunnel menait au sous-sol de la Nerviërsstraat.

Le butin, dont le montant n’a jamais été clair, n’a pas été récupéré.

Le ministère public a requis mercredi devant le tribunal correctionnel cinq ans de prison pour les cinq prévenus. Deux faisaient défaut.

"Les travaux d’excavation ont probablement commencé le 26 janvier car les détecteurs sismiques se sont régulièrement déclenchés durant la nuit et le week-end dans la banque", a relevé le procureur. La société de sécurité avait pensé que l’alarme ne fonctionnait pas correctement.

Le bâtiment de la Nerviërsstraat a été loué par David, sous un pseudonyme. C’est l’un des deux hommes en fuite. Il avait acheté avec Koba - qui comparaît détenu - un disque à tronçonner le 24 décembre aux Pays-Bas. L’outil a été retrouvé dans la cave avec les empreintes de Koba.

Trois seconds couteaux géorgiens arrêtés

Koba a été arrêté le lendemain des faits. Son père Kachaber et Giorgi ont été arrêtés peu après. Une empreinte de ce dernier a été relevée sur une bouteille d’oxygène et un sac en plastique contenant des masques anti-poussière. Kachaber a été aperçu sur des images de surveillance alors qu’il faisait le guet. Ce trio ne serait, pour la défense, que des seconds couteaux.

David a loué le bâtiment de la Nerviërsstraat, ainsi que la Citroën avec laquelle les prévenus se sont déplacés.

Sa trace, comme celle de Yosef, Israélien comme lui, s’est perdue aux Pays-Bas. Sans doute avec le butin.

Kachaber et Koba, tous deux dépendants au jeu, avaient rencontré David dans un bureau de jeux. Il leur aurait dit qu’il travaillait sur un projet de rénovation et Koba l’a aidé à acheter du matériel. Giorgi, qui est héroïnomane, s’est retrouvé impliqué par l’intermédiaire de son ami Koba. Lui aussi a acheté du matériel de travail.

"Mais il n’avait aucune idée que ces outils seraient utilisés pour un cambriolage dans une banque", selon son avocat.

L’enquête a montré que d’autres personnes étaient impliquées dans le cambriolage. Elles n’ont pas été identifiées, tout comme les commanditaires.

"Le vol a été très bien préparé. Certains se trouvent maintenant quelque part à l’étranger avec le butin, alors que les dépendants au jeu et à la drogue envoyés au magasin doivent comparaître devant le tribunal", a estimé un avocat de la défense.

Jugement le 7 octobre.