La plainte collective en préparation vise en particulier les restrictions faites au droit de visite. Des contacts ont été pris avec des avocats, qui sont en train d’examiner le dossier.

Au début de l’épidémie, les visites en prison ont été complètement interdites. Elles n’ont été réinstaurées, très progressivement, depuis le 25 mai, à raison d’une personne par semaine, derrière un écran en plexiglas. “La souffrance de ne pas pouvoir avoir de contact physique est chaque jour plus insupportable”, soulignent les familles concernées.

Alors que les visites sont de nouveau permises dans d’autres lieux, comme les maisons de repos, les visites en prison et notamment les VHS (visites hors surveillance) tardent à reprendre normalement, sans qu’aucune explication ne soit donnée quant à cette différence de traitement. “Les détenus et leurs proches se voient donc infliger un traitement discriminatoire par rapport au reste de la société quant au respect de leur droit à la vie privée et familiale”, regrettent les plaignants.

Pas une phrase de compassion

Les familles pointent aussi l’absence, dans les nombreux discours de la Première ministre Sophie Wilmès (MR) depuis le début de la crise, d’allusions à la situation des détenus : “Pas un mot sur leur situation, pas une phrase de compassion envers les personnes enfermées et leurs proches”. On a oublié les détenus et leurs familles, regrettent-elles.

Iris Greeven, dont le mari est en prison, appelle toutes les personnes concernées à se joindre à cette action. La situation est devenue insupportable, témoigne-t-elle. Au cours du déconfinement, les restrictions ont été allégées dans presque tous les secteurs, y compris les lieux de prostitution, mais pas en prison, dénonce-t-elle. “Depuis le 13 mars, on ne peut plus toucher notre proche !”

La remontée actuelle des cas de contamination ne permettra peut-être pas de modifier immédiatement la situation, convient-elle. “Mais elle aurait pu l’être depuis des semaines ! Nous exigeons que dès que la situation sanitaire sera un peu plus stable, on nous rende tous nos droits humains !”

"Il faut crier pour pouvoir s'entendre"

Dans certaines prisons, il est permis de voir son proche trois fois par semaine, dans d’autres, seulement une fois, en fonction de la décision du directeur, décrit Iris Greeven. Et ces visites se font à 2 mètres de distance, séparés par un plexiglas ! “Il faut crier pour pouvoir s’entendre. Une conversation personnelle et privée est donc impossible”.

Les autres moyens de communiquer, par vidéoconférence, ne permettent pas davantage de contacts physiques. “Quand on se sent mal, quand on tombe en dépression, quand on ne peut plus supporter cette tristesse et qu’on a besoin de parler avec notre proche pour pouvoir partager les sentiments, les peurs, pour se soutenir moralement, on doit souvent attendre des jours, pour une vidéoconférence de 20 minutes ou la visite derrière le plexiglas sans intimité… Ou jusqu’au moment où l’on a à nouveau un peu d’argent à envoyer à notre proche pour acheter du crédit d’appel”.