Judiciaire

L'avocate générale Laure Wynants a requis, jeudi vers 14h30, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, des peines de 25 ans de prison à l'encontre de Christian Van Eyken et de Sylvia B. Elle a considéré qu'il existait un faisceau d'indices graves, précis et concordants qui doivent conduire les juges à déclarer ce couple coupable d'avoir assassiné Marc Dellea, le premier mari de Sylvia B., le 8 juillet 2014 à Laeken. L'avocate générale a estimé que l'assassinat devait être établi dans le chef des prévenus et a tenu compte de divers éléments pour déterminer la peine de 25 ans qu'elle réclame à l'encontre de chacun d'eux. "Marc Dellea a été tué durant son sommeil. C'est le sommet de la lâcheté", a-t-elle notamment déclaré.

La magistrate a avancé que la relation fusionnelle que Sylvia B. entretenait avec la fille qu'elle avait eue avec Marc Dellea, ainsi que la maison à Tubize qu'elle possédait avec Marc Dellea et pour laquelle ils avaient souscrit à une assurance solde restant dû, étaient certainement des éléments qui ont pesé dans le mobile du crime.

Christian Van Eyken et Sylvia B. sont prévenus pour avoir assassiné le premier mari de cette dernière, Marc Dellea. Cet homme âgé de 45 ans avait été retrouvé mort dans son appartement, avenue Mutsaard à Laeken, le 8 juillet 2014. Il avait reçu une balle dans la tête.

Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête qui avait mené à Sylvia B., alors épouse de la victime, et Christian Van Eyken, patron et amant de Sylvia B. Cette dernière était sa collaboratrice parlementaire lorsqu'il était député au Parlement flamand et tous deux entretenaient une relation amoureuse.


Le fait que la victime dormait est un indice prouvant l'innocence des prévenus

Me Laurent Kennes, l'un des conseils de Christian Van Eyken, a exposé, jeudi en fin d'après-midi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, que le fait que la victime dormait lorsqu'elle a été tuée est un élément qui tend à discriminer son client et l'épouse de celui-ci. Cela voudrait dire, selon l'avocat, qu'après qu'il soit rentré chez lui le 6 juillet vers 23h30, Marc Dellea serait allé se coucher alors que sa femme et son amant étaient présents dans l'appartement. Puis que deux heures plus tard, il dormait déjà "du sommeil du juste" quand on lui a tiré une balle dans la tête. "On trouve ça bizarre lorsque Christian Van Eyken et Sylvia B. expliquent qu'ils sont allés dans l'appartement, qui je le rappelle appartenait à Sylvia B., pour y travailler et ensuite jouer au Scrabble. Par contre, on ne se pose aucune question et on ne trouve pas ça bizarre que Marc Dellea serait rentré puis parti se coucher pour dormir "du sommeil du juste" alors que sa femme et son amant sont là", a soulevé Me Laurent Kennes.

L'enquête a en effet établi que Marc Dellea est rentré dans l'appartement, avenue Mutsaard à Laeken, le 6 juillet 2014 vers 23h00, tandis que Sylvia B. et Christian Van Eyken s'y trouvaient. Ces derniers avaient ensuite quitté les lieux le 7 juillet vers 01h30 du matin.

L'enquête a également conclu que Marc Dellea avait plus que probablement été tué dans son sommeil car il n'y avait aucune trace de lutte et aucune lésion de défense.

Christian Van Eyken et Sylvia B. sont prévenus pour avoir assassiné le premier mari de cette dernière, Marc Dellea. Cet homme âgé de 45 ans avait été retrouvé mort dans son appartement de Laeken, le 8 juillet 2014. Il avait été découvert allongé sur son lit, une balle dans la tête, et aucune arme n'avait été retrouvée sur place.

Le parquet de Bruxelles avait ouvert une enquête qui avait mené à Sylvia B., alors épouse de la victime, et Christian Van Eyken, patron et amant de Sylvia B. Cette dernière était sa collaboratrice parlementaire lorsqu'il était député au Parlement flamand et tous deux entretenaient une relation amoureuse.

Des images d'une caméra de vidéo-surveillance montrent que les deux prévenus sont entrés dans l'appartement de l'avenue Mutsaard vers 21h00 le 6 juillet 2014 et que la victime y est entrée un peu plus de trois heures plus tard. Christian Van Eyken et Sylvia B. étaient ensuite partis environ deux heures après, le 7 juillet vers 01h30 du matin. Les images montrent qu'ensuite plus personne n'est entré dans l'appartement ou sorti de celui-ci jusqu'à la découverte du corps de Marc Dellea, le 8 juillet au matin.

Selon les déclarations des prévenus, ils sont allés dans l'appartement pour prendre des vêtements et travailler (remplir les formulaires de dépenses électorales), puis ont entamé une partie de Scrabble. Lorsque Marc Dellea est rentré, ils ont discuté un moment avec lui avant de s'en aller.

Selon les prévenus toujours, Marc Dellea était au courant de leur relation et était prêt à envisager une séparation avec Sylvia B. L'enquête a en tout cas révélé que ces trois personnes se retrouvaient régulièrement ensemble dans l'appartement de l'avenue Mutsaard ou encore dans la maison de Tubize appartenant à Marc Dellea et Sylvia B., où ils effectuaient tous ensemble des travaux.

Néanmoins, des SMS tendent à faire penser que les relations étaient plutôt conflictuelles entre Marc Dellea et Sylvia B. Pour Me Kennes, ces échanges montrent tout simplement que "ce sont des gens qui ne se supportent plus, qui ne peuvent plus vivre au quotidien" mais qui n'en viennent pourtant jamais aux mains.

L'avocat a relu des échanges SMS d'un autre genre qui, eux, tendent à montrer que Marc Dellea et Sylvia B. évoquaient leur séparation et les possibilités pour la garde alternée de leur fille. "Dire que la garde de L. était un mobile de crime ne tient pas la route. Dans ce dossier, on a chargé la barque de nombreux éléments qui ne tiennent pas la route", a-t-il dit.

Le procès se poursuivra vendredi avec la suite des plaidoiries de la défense, annoncées pour encore cinq heures.