Des Belges sont en colère et se mobilisent pour crier leur ras-le-bol, en écho à l'historique marche blanche de 1996.

20 octobre 1996 : 300 .000 personnes défilent dans les rues de Bruxelles en mémoire des victimes de Marc Dutroux. 23 ans plus tard, son complice, Michel Lelièvre, obtient sa libération. “C’est intolérable”, clament Daniel Bauweraerts et Samantha Joris, qui étaient dans les rues parmi les centaines de milliers de Belges en 1996. “Pour les victimes, pour nos enfants, nous ne voulons pas que Michel Lelièvre et encore moins Marc Dutroux retrouvent un jour la liberté. Ils ne le méritent pas, leur place n’est plus dans la société. Qui voudrait de ces monstres comme voisin ?”

Pour clamer haut et fort leur courroux, Daniel, son épouse Samantha et ses amis entendent redescendre dans la rue. “On a choisi la date du 20 octobre prochain, car ce sera un symbole, le triste anniversaire de la marche de 1996. On a choisi le noir car c’est un jour de deuil pour notre pays.”

L’objectif reste pacifique mais le tracé de cette marche, non encore défini, ne passera pas par les rues de Bruxelles. “On veut que cela se déroule dans le calme, sans débordement. Organiser une marche dans les rues de Bruxelles est devenu très compliqué. Les autorisations sont compliquées à obtenir et, dans un contexte toujours post-attentats, c’est encore plus difficile. Nous projetons donc d’organiser cette manifestation dans le Brabant wallon, avec comme point d’arrivée la prise de Ittre. 

Nous savons que nous ne pourrons pas nous en approcher, mais même à une distance respectable, nous voulons nous faire entendre. Il faut que Marc Dutroux sache qu’il n’est plus le bienvenu dans notre société, pas plus que Michel Lelièvre. Il y a quelques années, nous avions déjà organisé un rassemblement de motards pour crier notre colère et nous nous étions fait refouler au rond-point proche de la prison de Ittre. C’est pour cela que, cette marche noire doit être organisée et encadrée. Nous craignons clairement pour la sécurité de nos enfants et petits-enfants. Je vais d’ailleurs être prochainement grand-père et le fait de savoir que ce genre de personnage pourrait se retrouver voisin de ma fille et de son enfant, c’est totalement insupportable.”

Daniel et Samantha insistent cependant sur le caractère pacifique que doit prendre cette marche. “Le but est de se faire entendre, mais dans la dignité. Un tel événement doit faire passer un message positif, un appel au monde politique pour que, plus jamais, notre pays, ne vive de pareilles horreurs. Ceux qui veulent participer à la marche peuvent se renseigner sur le groupe Facebook que nous avons créé (Oui, je participe à la marche noire). Nous y posterons prochainement tous les renseignements liés à l’organisation du rassemblement du 20 octobre.”