Les dossiers de neuf victimes de l’aéroport de Zaventem (cinq citations), à savoir huit citoyens et un policier, ont été introduits mardi devant le tribunal civil francophone de Bruxelles contre l’État belge, l’aéroport de Zaventem et son assureur, Amlin, a indiqué leur avocat, Me Nic Reynaert.

Le début des plaidoiries a été fixé au 8 septembre à 14 h.

L’avocat s’avance sur les premiers débats dont il sera question à cette audience. "On ne discutera pas encore sur le fond, mais sur les mesures provisoires et sur l’intervention des ministres, car j’avais assigné le Premier ministre, mais il y a maintenant le ministre de la Justice et la ministre des Affaires intérieures qui aimeraient volontairement intervenir. Je vais m’y opposer, car je suis d’avis qu’il faut soit faire intervenir tous les ministres, soit seulement le Premier ministre."

Les ministres actuels visés

Cela concerne les ministres actuellement en fonction, car les attaques ciblent la responsabilité de l’État de manière générale.

"Je veux aussi obtenir la division de l’affaire, parce qu’on parle, d’un côté, de victimisation primaire, et donc des dommages corporels à la suite des attentats (ce qui concerne l’assureur Amlin, NdlR), et, de l’autre, on parle de victimisation secondaire. C’est par exemple le dépassement du délai raisonnable, le manque d’informations… Ici, je pointe des fautes de l’État belge. Je veux séparer les deux volets pour que les affaires concernant les dommages corporels puissent avancer plus vite que la procédure impliquant l’État."

Une autre action néerlandophone

Du côté du tribunal civil néerlandophone, Me Reynaert avait introduit le 19 avril dernier les dossiers de dix victimes de l’attentat à Zaventem (neuf citations), dont trois policiers.

À l’audience intermédiaire de ce lundi, la juge néerlandophone a décidé qu’une séance-relais, qui consiste à fixer les dates des audiences en fonction des disponibilités des différentes parties, sera organisée le même jour que celle prévue le 28 juin pour l’affaire qui implique personnellement l’avocat.

Nic Reynaert, qui a lui-même survécu à l’attaque terroriste dans la station de métro Maelbeek, a poursuivi, en son nom propre, en mars dernier, le gouvernement fédéral, la Stib et son assureur, Ethias.

Il s’est refusé à défendre des victimes qui étaient dans le métro. "Cela aurait été trop dur pour moi", a confié Me Reynaert.

Concernant le manque d’information sur le risque d’exposition à l’amiante lors des explosions dans le métro et à l’aéroport, il précise que les parties lui ont fait parvenir des documents assurant qu’il n’y avait pas d’amiante.

"Je dois bien sûr vérifier cela, car les documents publics que j’avais présentés n’avaient encore jamais été contredits", dit-il.