Le parquet d'Anvers a ouvert une enquête après des fuites présumées dans la presse, qui ont permis au quotidien flamand De Standaard d'accéder aux écoutes téléphoniques et auditions de l'ancien secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Theo Francken (N-VA), et de sa collaboratrice Lies V., a-t-il indiqué mardi, confirmant une information du site Sceptr. Ces auditions avaient eu lieu dans le cadre de l'enquête sur un trafic de visas humanitaires. M. Francken a déposé une plainte, a encore précisé le parquet.

De Standaard a écrit, sur la base de ces documents qu'il a pu consulter, que ni M. Francken, ni son cabinet d'alors, n'étaient criminellement complices des faits commis par Melikan Kucam dans le cadre de ce trafic. Cependant, il existait des informations "crédibles" sur les pratiques frauduleuses de M. Kucam, qui n'ont pas été vérifiées par l'ancien secrétaire d'État et son cabinet.

M. Francken a déposé une plainte, estimant que les fuites pourraient constituer un délit. Le parquet d'Anvers enquête sur l'affaire.

Le tribunal d'Anvers a condamné Melikan Kucam à huit ans de prison pour trafic d'êtres humains, corruption passive et association de malfaiteurs. Alors conseiller municipal de Malines, il avait été désigné par le cabinet de M. Francken pour dresser des listes de candidats à une opération humanitaire de sauvetage des chrétiens assyriens depuis les zones de guerre en Syrie et en Irak. Le tribunal a estimé qu'il était prouvé qu'il avait abusé de cette position privilégiée pour se faire généreusement payer par ceux qui désiraient obtenir une place sur ces listes.