Au programme: l'audition du collège d'experts, composé de trois spécialistes en ingénierie, en incendie et explosion ainsi qu'en construction. Selon eux, l'explosion mortelle a été causée par une fuite de gaz naturel. Exceptionnellement délogé dans la salle de la Rotonde du palais de justice liégeois, le tribunal correctionnel a entamé le laborieux examen de ce dossier vieux de 10 ans, où interviennent pas moins de 54 parties civiles.

La première après-midi est consacrée à un débat technique sur les causes de cette explosion, qui a fait 14 morts et 19 blessés. Pour le collège d'experts, du gaz naturel, résultant d'une fuite, s'est accumulé dans le faux plafond du rez-de-chaussée de l'immeuble. Il s'est ensuite échappé vers le premier étage où l'explosion a retenti.

Selon leurs calculs, environ 12 à 15 mètres cubes de gaz ont dû s'échapper pour provoquer les nombreux dégâts dus à cette explosion. Celle-ci est survenue dans un délai de l'ordre de quatre heures après cette fuite de gaz importante.

Les experts ont mis en évidence que l'installation du numéro 18 était "vétuste, non en ordre et dangereuse". Ils ont pointé qu'en 1995, "une personne aux compétences inconnues" avait mis en place une installation de gaz pour les 5e et 6e étages du bâtiment. Elle partait de la cave pour traverser le rez-de-chaussée et le faux plafond, pour ensuite passer à l'extérieur de l'immeuble et finalement aboutir aux deux derniers étages. Non conforme, l'installation aurait dû être effectuée par un opérateur vérifié ou contrôlée par un organisme agréé, ont-ils souligné.

Assemblages de tuyauterie, fixation des canalisations et raccords, entre autres, n'étaient en outre pas conformes. Les experts ont expliqué que l'immeuble "n'était pas en ordre par rapport aux normes prescrites".

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010, vers 01h45, une explosion retentissait dans un immeuble d'habitation situé au numéro 18 de la rue Léopold, située en plein centre de Liège, provoquant l'effondrement du bâtiment. Pendant les opérations de secours, l'immeuble voisin, situé au numéro 20, s'était effondré partiellement. Les corps de 14 victimes avaient été découverts parmi les décombres. Dix-neuf personnes avaient également été blessées pendant la catastrophe.

Quatre prévenus - le propriétaire l'immeuble du numéro 18, un agent technique du Service de la sécurité et de la salubrité publiques (SSSP) de la Ville de Liège, une cheffe de service du SSSP et l'intercommunale d'incendie de Liège et environs (IILE) - sont poursuivis pour 14 homicides involontaires, par défaut de prévoyance et de précaution, ainsi que pour coups et blessures involontaires, par défaut de prévoyance et de précaution, commis sur 19 personnes.