De nombreuses expertises ont été ordonnées par le juge d'instruction, notamment une autopsie, une anatomopathologie ainsi que des analyses toxicologiques. "En l'état actuel des expertises, aucun élément ne démontre de signe de compression thoracique exercée par les policiers qui serait en lien avec le décès de la victime", précise le communiqué.

La veuve de la victime, Mme Chovancova, a affirmé plus tôt dans la journée que son mari "a été étouffé et était déjà mort en cellule".

Le parquet s'est par ailleurs attardé sur les images de vidéosurveillance des faits, dont une copie a été enregistrée sur une clef USB et dont le contenu fut ensuite gravé sur un CD Rom. "Ce n'est pas le serveur central qui a été saisi. Cela signifie que la police a donc toujours gardé l'original des images, nonobstant la saisie opérée, et qu'elle pouvait parfaitement visionner celles-ci à tout moment, indépendamment de l'enquête judiciaire en cours, et spécialement dans le cadre de ses compétences disciplinaires", insiste-t-il.

Le parquet général de Mons précise encore que le juge d'instruction avait communiqué son dossier en janvier dernier, sans procéder à l'inculpation des policiers. "La partie civile a demandé des devoirs complémentaires auxquels il a été fait droit et c'est en mai 2020 que la partie civile a déposé un rapport d'un conseiller technique critiquant les expertises judiciaires. Suite à ce rapport, le juge d'instruction a désigné un collège de trois experts, dont un psychiatre, pour rencontrer les arguments du conseiller technique de la partie civile," communique le parquet.

Le parquet de Charleroi n'a pas été dessaisi de l'enquête sur l'affaire Chovanec

Le parquet de Charleroi n'a pas été dessaisi de l'enquête relative à l'affaire Chovanec. Le dossier est toujours à l'instruction, situe d'ailleurs le parquet général dans un communiqué mercredi soir, qu'il diffuse "compte tenu des nombreuses affirmations souvent erronées, véhiculées par les médias, le plus souvent au mépris du secret de l'instruction, des droits des parties et de la présomption d'innocence et après avoir obtenu l'accord du juge d'instruction".

Le dialogue avec la direction de la police sur les syndromes de délire agité se poursuit

Les discussions avec la direction de la police concernant les cas de syndrome du délire agité (EDS) vont se poursuivre, indique mercredi soir le SLFP Police, qui avait exigé la semaine dernière une solution "urgente et concrète" pour les policiers confrontés à ce cas de figure. Le dialogue au sein du Comité supérieur de concertation "n'est pas facile", reconnait le syndicat policier libéral, "mais se veut constructif". Lors de la réunion de mercredi, les syndicats ont demandé une solution urgente et concrète pour les personnes présentant des caractéristiques d'un EDS ou d'une psychose. Le SLFP avait en effet pointé la semaine dernière, dans le cadre de la controverse sur l'affaire Chovanec, du nom de ce passager slovaque décédé à la suite d'une intervention policière en 2018 à l'aéroport de Charleroi, l'absence de toute formation nationale pour le personnel de la police intégrée sur la façon de gérer de tels cas. "Pas un seul dossier de reconnaissance n'a été soumis au Comité supérieur de concertation, seul organe compétent", déplorait-il.

Le dossier a été mis en continuation, indique mercredi Vincent Gilles, président du syndicat policier, à l'issue de la réunion de cette instance. "Le dialogue n'est pas facile mais se veut constructif de la part des organisations syndicales, qui souhaitent que les policiers soient sérieusement épaulés dans la gestion de ces incidents EDS et assimilés - qui sont loin d'être rares - par le monde médical, et dès les premiers instants."

Les discussions se poursuivront lors d'une prochaine réunion, "dont nous espérons que nous pourrons tous conclure par le fait qu'il y a une avancée aussi bien pour les collègues, en termes de sécurité juridique, que pour les citoyens", conclut Vincent Gilles.