L'arrêt de la CJUE répondait à une question préjudicielle de la Cour constitutionnelle belge, qui doit donc encore se prononcer sur le fond. L'Exécutif place dès lors ses espoirs dans "nos propres traditions constitutionnelles belges, qui offrent une protection plus large que les constitutions de nombreux autres États membres".

Dans un communiqué, Mehmet Üstün, président du bureau de l'Exécutif des musulmans de Belgique, constate que l'arrêt de la Cour européenne contredit diamétralement l'avis de l'avocat général, pour qui l'interdiction touche "un aspect essentiel" d'une pratique religieuse séculaire de la foi musulmane et juive.

"La Cour de justice semble ainsi céder à la pression politique et sociétale grandissante des mouvements populistes qui mènent une lutte symbolique contre les minorités vulnérables dans toute l'Europe", affirme-t-il.

L'Exécutif assure que les techniques actuelles d'abattage religieux "sont parfaitement compatibles avec les exigences de protection de la santé publique, de sécurité alimentaire et de bien-être animal".

"L'obligation d'étourdir n'est par contre rien d'autre qu'une mesure symbolique émotionnelle, dont le seul but est d'apaiser la conscience du consommateur modal au détriment des minorités religieuses et de dissimuler la réalité selon laquelle les animaux sont élevés comme objets de consommation dans des méga-étables industrielles", commente encore l'organe.