Le tribunal correctionnel de Liège a condamné mardi José Happart à huit mois de prison avec sursis et à une amende de 1650 euros, dont la moitié avec sursis pour trafic d'influence et corruption.

Les faits datent d'il y a plus de dix ans, une période où José Happart était président de Liège Airport et président du parlement wallon. Ils ont pour cadre la relation amoureuse finissante entre José Happart et une de ses anciennes collaboratrices qu'il voulait récupérer, Isabelle Kosobucki.

Celle-ci faisait construire une maison à Esneux mais disposait de peu de fonds. Elle avait également connu des difficultés avec les entrepreneurs. José Happart était intervenu à de nombreuses reprises. Il avait mis son poids dans la balance pour obtenir des conditions très favorables de corps de métier et d'entrepreneurs en leur faisant miroiter des contrats publics ou d'autres bénéfices. Pour le tribunal, corruption et trafic d'influence sont établis.

Le tribunal n'a pas relevé d'enrichissement personnel dans le chef de José Happart. Trois autres personnes - son ex-maîtresse et deux entrepreneurs - ont également été condamnés.

Une dizaine d'autres avaient signé des transactions pénales élargies pour ne pas se retrouver devant le tribunal.

"Une justice de riches"

Pour José Happart, qui réagissait après la lecture du jugement, cela prouve que l'on est ici face à "une justice de riches".

Il a ainsi déclaré qu'on lui a "proposé une transaction à 275000 euros pour que je ne vienne pas ici (au tribunal, ndlr) pour que je sois sois blanchi, pour que rien n'ait existé, somme que je n'ai pas." Et de poursuivre que "ceux qui ont de l'argent ont payé et n'ont pas été inquiété. Moi, je n'avais pas d'argent, je passe au tribunal et je suis condamné. C'est une justice de riches qui se concrétise".