Dans le box des accusés, Fabien Neretse a une dernière fois démenti les accusations de crime génocidaire.

Le jury de la cour d’assises de Bruxelles est entré en délibération mardi soir vers 17 h 30, après avoir écouté une dernière fois l’accusé, Fabien Neretse. "Je voudrais m’adresser aux familles des victimes. Je ne nie pas le génocide des Tutsis. Je ne le nierai jamais. Je n’ai jamais minimisé les horreurs qui ont été commises. Je comprends votre douleur. Je n’ai pas pu sauver les vôtres et je le regrette", a déclaré l’homme de 71 ans, qui doit répondre de crime de génocide et de crime de guerre commis au Rwanda en 1994.

"Je fais partie des millions de Rwandais qui se sont retrouvés au milieu des deux feux. Je ne partageais pas l’idéologie génocidaire. Je n’ai ni planifié ce génocide ni participé à celui-ci. Et je ne cesserai de dire que j’avais beaucoup d’amis Tutsis. Je pense que c’est par l’éducation et la compréhension de notre histoire qu’on pourra lutter contre les injustices et ma condamnation ou mon acquittement n’y changera rien", a-t-il déclaré.

Fabien Neretse a démenti une nouvelle fois toutes les accusations portées contre lui, à commencer par le fait qu’il était membre du parti au pouvoir, le MRND (Mouvement révolutionnaire national pour le développement). Il a répété qu’il avait été écarté des postes importants au sein de l’État dès 1992.

Il a encore contesté avoir surveillé ses voisins tutsis et informé de ce qu’ils faisaient, tout comme il a contesté avoir été le chef de milices Interahamwe, la jeunesse du MRND entraînée militairement.

Ce Rwandais de 71 ans résidant en France est accusé de crime de génocide et de crime de guerre pour avoir, en tant que coauteur, tué un nombre indéterminé de personnes, dont treize ont été identifiées et dont certaines étaient d’origine tutsie. Les faits s’étaient produits au Rwanda en 1994, durant le génocide des Tutsis et le conflit armé qui a opposé les Forces armées rwandaises (FAR) et le Front patriotique rwandais (FPR).

Fabien Neretse est en particulier accusé d’avoir dénoncé, le 9 avril 1994 à Kigali, plusieurs personnes d’origine tutsie dans son voisinage du quartier Nyamirambo. Elles avaient été abattues par des militaires. Parmi les victimes figuraient des membres de la famille Sisi, des membres de la famille Gakwaya ainsi qu’une Belge, Claire Beckers, son mari, Isaïe Bucyana, et leur fille Katia.

Le verdict tombera mercredi ou jeudi.