Une absence de vision et des demandes intempestives ont fait exploser le budget.

L’absence de définition préalable de l’ensemble des besoins associée à des demandes très précises de la police ont enclenché une "machine infernale" qui a mené à un surcoût d’une quarantaine de millions d’euros dans le dossier de l’installation de la police fédérale à l’ancienne Cité administrative de l’État, est-il ressorti de l’audition de l’administrateur-général de la Régie des bâtiments, Laurent Vrijdaghs, et de son ministre de tutelle, Koen Geens (CD&V), à la Chambre.

Ce déménagement a été un véritable parcours du combattant commencé en avril 2007. Pour des raisons de sécurité et de non-adéquation des lieux, l’option WTC III et North Gate près de la gare du Nord a été refusée par la police.

Un seul complexe correspondait : la Cité administrative jouxtant la Tour des Finances, ce qui n’a pas mis la Régie des bâtiments en position de force pour négocier avec le propriétaire. D’autant que la Commission européenne lorgnait aussi le bâtiment.

Le gouvernement a gagné la partie en 2010. Des travaux de première installation étaient prévus pour 23 millions d’euros. Ils ont coûté 39 millions. Mais, selon M. Vrijdaghs, le budget n’était pas suffisamment prédéfini. La police a ajouté des nouvelles demandes.

Une absence de vision

"S’il y a eu un dérapage budgétaire, c’est qu’on avait seulement 50 % des budgets prédéfinis, ce qui a lancé la machine infernale", a-t-il dit.

Un loyer supérieur aux prix du marché

À ce problème se superpose celui du loyer. L’Inspection des Finances a ainsi relevé qu’il était supérieur de 11 à 14 % aux conditions du marché de 2010, soit un surcoût de 23 à 27 millions.

Au total, le coût du projet est estimé à 313 millions.

"Le Conseil des ministres a été placé devant une série de faits accomplis, et de propositions de décisions pour lesquelles sa marge de manœuvre était très limitée", ajoute le rapport rédigé en février par l’Inspection des finances.

L’IF a formulé des recommandations pour la Régie des bâtiments. Celles-ci seront mises en œuvre. Mais certaines décisions appartiendront au prochain gouvernement. (D’après Belga)