Le parquet de Bruxelles interjette appel du jugement du 3 décembre dernier du tribunal de police de Bruxelles dans l'affaire de la catastrophe ferroviaire de Buizingen, a indiqué mardi Willemien Baert, la porte-parole du parquet de Bruxelles.

Le parquet espère une peine plus lourde à l'encontre d'Infrabel, a justifié son porte-parole. Infrabel a également décidé d'aller en appel pour contester le fait que le jugement remette en question le fonctionnement du réseau ferroviaire. 

Le gestionnaire du réseau avance que, pour se conformer à la décision de justice, seuls 400 trains quotidiens pourraient encore circuler dans la jonction Nord-Midi au lieu des 1.200 actuels. L'ASBL "Catastrophe ferroviaire Buizingen: plus jamais" s'est dite choquée par cette décision d'Infrabel, estimant que cela montrait le peu d'importance accordée à la sécurité sur les rails. La SNCB a elle choisi de ne pas faire appel de la décision du tribunal. 

Et le conducteur de train s'est dit satisfait de ne pas avoir été reconnu seul responsable. Le 3 décembre, les deux sociétés ferroviaires ont été condamnées l'une et l'autre à une amende pénale de 550.000 euros. Quant au conducteur du train L, qui n'avait pas respecté sa trajectoire, le tribunal a estimé qu'il avait commis une faute d'inattention et, en cela, avait aussi une part de responsabilité, néanmoins minime. 

Il a appliqué le principe du décumul des responsabilités, soit le fait que la personne morale est seule condamnée s'il est établi qu'elle est celle qui a commis la faute la plus grave. Le tribunal a ainsi prononcé une simple déclaration de culpabilité à l'encontre du conducteur, mais pas de peine. 

Le 15 février 2010 à 8h28, deux trains de voyageurs, l'un venant de Quiévrain, l'autre de Louvain, étaient entrés en collision à Buizingen, dans le Brabant flamand, en pleine heure de pointe. Le terrible accident avait fait 19 victimes et 162 blessés. Le rapport du collège d'experts avait conclu que le conducteur avait franchi un feu rouge, ce que celui-ci conteste toujours. Il relevait aussi un défaut d'équipement de sécurité de la locomotive du train L. 

Celle-ci n'était pas équipée du système de freinage automatique TBL1+, qui aurait pu permettre d'éviter l'accident. Aujourd'hui, l'ensemble du réseau ferroviaire belge est équipé de ce système. Les sociétés SNCB, opérateur du réseau ferroviaire, et Infrabel, gestionnaire du réseau, étaient poursuivies pour négligence en matière de sécurité, bien qu'elles estimaient n'avoir commis aucune faute en la matière.