Le procès devant la cour d’assises de Gand des trois médecins qui ont mis fin à la vie de Tine Nys est-il en train de dévier vers la mise en cause de la loi sur l’euthanasie ? Dimanche, le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), réclamait une évaluation de la loi et, notamment, de la notion de "souffrance psychique insupportable". En 2018 (derniers chiffres disponibles), 57 euthanasies ont été pratiquées à la demande de patients atteints de troubles mentaux et du comportement.

Si la loi de 2002 n’est pas plus précise, le Conseil national de l’Ordre des médecins s’est penché sur la question et a édicté, en avril 2019, des directives déontologiques pour la pratique de l’euthanasie sur des patients en souffrance psychique à cause d’une pathologie psychiatrique. Ces directives donnent aux médecins des lignes de conduite plus exigeantes - qui n’existaient pas en 2010 quand Tine Nys a été euthanasiée.

Collaboration interdisciplinaire

Étant donné qu’une pathologie psychiatrique n’entraîne généralement pas en soi la mort du patient à brève échéance, le médecin qui envisage l’euthanasie consulte toujours deux médecins, qui doivent être des psychiatres, indique l’Ordre des médecins. Le médecin doit "aller encore un pas plus loin", stipule le texte. "Il doit se réunir physiquement avec les deux psychiatres", ce qui signifie une collaboration interdisciplinaire où chaque médecin explique aussi objectivement que possible son point de vue. "Les médecins rédigent ensemble un rapport et aboutissent à une conclusion commune, sans nécessairement qu’ils soient d’accord sur tout."