Les indépendantistes catalans LLuis Puig et Toni Comin ont été libérés sous conditions jeudi peu après 17h00 par le juge d'instruction. La chambre du conseil doit encore se prononcer sur la validité du mandat européen (MAE) et le risque de violation des droits humains si les leaders sécessionnistes sont renvoyés en Espagne. L'agenda n'a pas encore été fixé. L'ancien ministre catalan de la Culture Lluis Puig, et l'ex-ministre régional de la Santé, Toni Comin, doivent disposer d'une adresse fixe, se tenir à la disposition de la justice belge et ne peuvent quitter le pays sans autorisation du juge d'instruction bruxellois. Ils ont été entendus à partir de 14h00 par ce dernier en présence de leurs avocats Christophe Marchand et Paul Bekaert. Les deux Catalans se sont vus signifier les mandats d'arrêt européens émis par la justice espagnole à leur encontre. Toni Comin est poursuivi pour sédition et malversations. Lluis Puig est, lui, inquiété pour malversations et désobéissance.

L'Espagne entend juger les deux ministres régionaux sous l'ère Puigdemont, lui aussi visé par un mandat d'arrêt européen, pour leur participation à l'organisation d'un référendum d'autodétermination en Catalogne, interdit par le pouvoir central mais tenu le 1er octobre 2017.

Douze membres de l'ancien gouvernement de Carles Puigdemont et de la société civile ont été jugés pour ces faits par la Cour suprême à Madrid. Le 14 octobre dernier, sept anciens ministres régionaux ainsi que les deux dirigeants des puissantes organisations en faveur de l'indépendance, l'Assemblée nationale catalane (ANC) et Òmnium Cultural, ont été été déclarés coupables de sédition et/ou détournement de fonds publics et condamnés par la plus haute instance judiciaire du pays à des peines de neuf à 13 ans de prison.

Dans la foulée, la Cour suprême lançait un nouveau mandat d'arrêt européen à l'encontre de l'ancien président régional, Carles Puigdemont. Mardi, les autorités judiciaires espagnoles ont émis trois autres mandats d'arrêts: deux à l'encontre de LLuis Puig et Toni Comin reçus par la Belgique et un troisième visant Clara Ponsati, remis à l'Écosse où séjourne l'ancienne ministre catalane de l'Enseignement.