La 14e cour d’appel de Bruxelles a rendu sa décision dans le procès dit "des hébergeurs". La cour a déclaré l’acquittement pour les quatre personnes, suspectées de trafic d’êtres humains en 2017 alors qu’elles accueillaient des migrants chez elles. Cette décision confirme celle rendue en première instance.

Le soulagement était palpable à la sortie de l’audience qui mettait un terme à une procédure de plus de quatre ans. Du côté de la défense, on salue cet arrêt. "C’est évidemment une bonne nouvelle. Cela revient à acquitter une deuxième fois", explique Me Doutrepont, l’avocate d’une des "hébergeuses". "La justice confirme qu’héberger des migrants n’est pas criminel", déclare Alexis Deswaef, avocat de la journaliste Anouck Van Gestel. La cour s’est d’ailleurs montrée particulièrement sévère à l’encontre du parquet puisqu’elle a déclaré l’appel à l’encontre de deux hébergeurs sans objet.

Les migrants à la fois auteurs et victimes

Les sept migrants impliqués dans le dossier pour trafic d’êtres humains ont vu leurs peines allégées de moitié. Ils ont écopé d’un sursis des peines de prison et des amendes. La cour a également décidé de réduire les frais de justice au minimum.

Fait notable, la cour a reconnu le double statut de ces migrants, à la fois d’auteur et de victime. Une première dans ce genre de dossier. La cour a relevé la gravité du trafic, mais a souligné que les migrants inquiétés ici étaient également des victimes. Ces derniers avaient aidé d’autres migrants à s’introduire dans des camions à destination de l’Angleterre contre une rémunération et la promesse d’effectuer la traversée eux-mêmes. La cour a reconnu que les sept prévenus n’ont pas agi pour des raisons financières, et en tient pour preuve l’absence de grosses sommes d’argent retrouvées chez eux.