Me Marc Uyttendaele, un des deux avocats de M. Luperto, était présent au palais de justice de Liège. A l'issue du prononcé, il a jugé que, même s'il devait encore s'entretenir avec son client qui a toujours nié les faits qui lui étaient reprochés, "ce jugement est profondément scandaleux. Cette affaire ne fait que commencer", a-t-il tonné.

Les quatre outrages aux moeurs reprochés à M. Luperto ont été déclarés établis. Quatre personnes l'accusaient: un garçon de neuf ans et trois adultes. Le parquet général avait requis une peine comprise entre 6 et 8 mois de prison avec sursis. M. Luperto a toujours vigoureusement nié les outrages aux moeurs.

M. Luperto était poursuivi pour quatre scènes en 2014 dans les toilettes de la station d'autoroute de Spy en présence de quatre personnes différentes: un garçon de neuf ans et trois adultes. Ces personnes affirmaient qu'il s'était masturbé devant eux dans ces toilettes connues pour être un lieu de rendez-vous pour des rencontres homosexuelles furtives.

Des dénégations véhémentes

Lorsque la cour d'appel l'avait interrogé, M. Luperto avait que reconnu que "J'ai fait des rencontres, mais dans la partie cachée et fermée par une porte. C'est la vérité crue et elle n'est pas facile à dire pour un homme public. Mais je ne me cache pas depuis plus de cinq ans. Je sais qui je suis. Je comprends que cela puisse déranger mais je n'ai pas honte de cela. Ce qui est dit contre moi n'est pas vrai. Le rétablissement de la vérité est la seule issue acceptable".

Il niait ainsi tout outrage aux moeurs. Il se disait accusé à tort par des personnes qui se connaissent entre elles, qui sont de sa région et qui figurent parmi ses détracteurs.

La cour d'appel ne l'a pas suivi. M. Luperto et ses avocats avaient critiqué "une enquête lacunaire". "C'est exemplatif d'un dossier qu'on a tenté de construire. J'ai l'impression d'être dans des sables mouvants et que les branches auxquelles je peux m'accrocher sont coupées une à une. J'ai le sentiment de vivre une profonde injustice. L'enquête a voulu à tout prix accréditer une thèse de départ", avait-il indiqué devant la cour.

Mercredi, à l'issue de l'arrêt, Me Marc Uyttendaele a enfoncé le clou. "J'ai la conviction profonde que mon client - qui est innocent et la lecture du dossier me permet de l'annoncer tout à fait solennellement - subit en quelque sorte une double peine qui est liée, d'une part à son homosexualité et d'autre part au fait qu'il était un acteur politique".

"Un acharnement hors normes"

"Cela a expliqué dès le départ un acharnement hors normes dans le chef du ministère public, des violations de la Constitution, constatées par les parlements. Cela a abouti au fait que des pièces ont été détruites et qu'il n'a pu prouver son innocence", a ajouté l'avocat."Compte tenu de l'ensemble de ces éléments, je vous le répète, cette affaire ne fait aujourd'hui que commencer car elle pose un problème essentiel: le respect du procès équitable et le respect du principe démocratique. Depuis le premier jour, ces principes sont bafoués dans cette affaire", a-t-il conclu.

Me Uyttendaele compte introduire un pourvoi en cassation.