La police fédérale a ouvert une enquête sur ces propos racistes sur Internet.

"Laissez-les dans la mer et qu’ils nagent dans le froid s’ils veulent aller en Angleterre." Autre exemple : "Bonne affaire : c’est à espérer que d’autres suivent." Le naufrage, mardi matin, d’une embarcation de migrants au large de La Panne a donné lieu à un déferlement de commentaires ignobles sur la page Facebook de WTS, la télévision locale de Flandre occidentale.

Six rescapées (une Afghane et cinq Iraniennes) ont été interpellées au petit matin mais les huit autres personnes à bord, dont sans doute deux enfants, n’ont pas été retrouvées. Les pompiers et la police maritime les ont cherchées en vain. Selon les témoignages des femmes arrêtées, les disparus auraient eux aussi rejoint le rivage. Mais il n’y a aucune certitude à ce sujet.

La déferlante haineuse sur Facebook ne restera pas sans suite. Mercredi, à la demande du parquet de Flandre occidentale, la police fédérale a ouvert une enquête sur les propos racistes apparus sur les réseaux sociaux. "Nous avons contacté la police fédérale et sa section internet en lui demandant d’ouvrir une enquête sur les violations de la loi antiracisme, a indiqué le parquet d’Ypres, à l’agence Belga. C’est un signal important pour montrer que cela ne sera pas toléré." Le service fédéral spécialisé vérifiera si certaines personnes incitent à la haine dans leur message. S’il y a infraction, la police établira un P.-V. Le cas échéant, elles risquent une peine d’emprisonnement d’un mois à un an et une amende jusqu’à 8 000 euros. Cela s’est déjà produit avec des messages négationnistes en ligne, avertit le parquet.

Horrifiés

Dès mardi soir, horrifiés par la vague de commentaires nauséabonds, plusieurs politiques flamands ont réagi. "La déshumanisation continue. C’est à vomir", a tweeté Conner Rousseau, président du SP.A. "Ce n’est pas ma Flandre", a renchéri la ministre flamande de l’Économie, Hilde Crevits (CD&V). Son collègue de l’Intégration, Bart Somers (Open VLD), a réclamé de "ne jamais s’abaisser devant l’extrémisme". Pour Bart De Wever, président de la N-VA, "il n’y a pas de place pour le racisme".

Particulièrement choqué, le bourgmestre de La Panne, Bram Degrieck, a conspué "les réactions marginales de ces ploucs de droite inspirés par des gredins politiques en cravate, avec du gel dans les cheveux, qui sèment la haine dans notre société et considèrent comme des animaux les gens qui parlent des langues compliquées". Il continue : "Je cracherais bien sur eux. Cela me démange. Mais je ne le ferai pas, sinon je serais juste comme eux." Un hashtag #spuwen (cracher) a été immédiatement lancé par les Pannois d’accord avec leur bourgmestre. Réconfortant.