Il s’affublait lui-même des termes "Cercle le plus fort de Louvain-la-Neuve" ! C’était la "Maison des athlètes francophones", plus connue sous le nom de "Maf".

Ce cercle de la faculté des sciences de la motricité avait défrayé la chronique début novembre 2018 lorsque le vice-recteur aux affaires étudiantes de l’UCLouvain avait ordonné sa fermeture.

La décision avait été prise après de graves débordements qui s’étaient produits durant les "activités de bleusailles et de baptême".

La doyenne de la faculté avait alors même envoyé un mail au millier d’étudiants de première année.

Elle évoquait dans ce courrier "des constats avérés de traitements dégradants, de violences physiques et morales et d’attentats à la pudeur lors des baptêmes".

Le moulin à rumeurs avait alors fait son œuvre. Certains témoignages laissaient entendre des scènes de viol, de nudité, de violences physiques, de gifles notamment.

Le parquet de Nivelles avait décidé de l’ouverture d’une information, puis d’une instruction judiciaire afin de procéder aux auditions des auteurs et des victimes et d’analyser la véracité des rumeurs.

Initialement, il n’y avait eu aucune plainte au pénal. Mais les autorités de l’université avaient invité les étudiants victimes à porter plaine au parquet.

Quinze étudiants baptisés en 2018

Ce n’est qu’une toute petite minorité du millier d’étudiants de première année inscrits en éducation physique et en kinésithérapie qui avait décidé de participer au baptême de la Maf.

Sur les 47 qui avaient manifesté leur intention d’y prendre part, seuls quinze étaient allés au bout des épreuves.

L’enquête n’avait pas confirmé des faits de viol entre étudiants. Elle s’était intéressée à des faits lors des rentrées 2017 et 2018. Elle est terminée.

Comme l’indiquait vendredi la RTBF, le règlement de la procédure a eu lieu en chambre du conseil.

La juridiction a ainsi ordonné le renvoi en correctionnelle de neuf personnes. Les qualifications qui ont été retenues sont graves. Il y a les traitements inhumains et dégradants, avec la circonstance aggravante de la vulnérabilité des victimes. Il y a les coups et blessures, les attentats à la pudeur et la non-assistance à personne en danger.

Huit des neuf personnes renvoyées devant le tribunal correctionnel sont des étudiants. Il y a parmi eux ceux qui étaient à l’époque présidente et vice-président de la Maison des athlètes francophones. Il y a également les responsables de l’organisation des baptêmes au sein de la Maf. La neuvième personne n’était pas étudiante à l’UCLouvain au moment des faits reprochés.

Aucune date de procès n’est fixée.