Comme la DH vous le révélait dès 6h ce mardi matin, une opération policière inédite s’est déroulée en Belgique menant à plus de 200 perquisitions à travers tout le pays, principalement toutefois dans la région d’Anvers. Pas moins de 1.500 policiers étaient mobilisés pour cette action restée top secrète.

L’opération visait la criminalité organisée de haut niveau, avec des ramifications sur le plan international. Au cœur de l’enquête, le système de communication Sky ECC. Un système permettant aux criminels les plus dangereux de communiquer entre eux par message en échappant aux radars.

L’enquête a démarré il y a plus de deux ans et toute la difficulté de celle-ci a résidé dans la manière de parvenir à décrypter le système de communication utilisée par ces criminels. Ils utilisaient tous des cryptophones, des téléphones portables réputés pour déjouer tous les systèmes de surveillance des enquêteurs. La Federal computer crime unit est toutefois parvenue à infiltrer le réseau et c’est ce mardi, après des mois et des mois de travail que la justice, sous l’impulsion d’un juge d’instruction anversois, a décidé de passer à l’action.

“L’opération en Belgique s’est concentrée sur le démantèlement des organisations criminelles qui communiquaient via Sky ECC. L’opération a permis également de saisir plusieurs tonnes de drogue, des armes, des uniformes de police,.. D’autres enquêtes seront menées dans les prochaines semaines sur base des communications interceptées. Toute personne qui utilise le système Sky ECC de manière légale est par ailleurs invitée à se faire connaître auprès des autorités judiciaires”, a précisé le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw.

A ce stade, 48 personnes ont pu être interpellées, dont plusieurs actives dans le milieu du trafic de drogue. L’enquête porte également sur du blanchiment et de la corruption. Des personnes qui ont pu aider les criminels d’une manière ou d’une autre en leur fournissant des informations via le système Sky ECC sont également visées.

On nous parle notamment de policiers mais l’information n’a pu être confirmée à ce stade. Deux avocats anversois sont également soupçonnés d’avoir fourni de l’aide aux trafiquants de drogue.

Les perquisitions menées ce mardi ne semblent être que le début de l’opération qui pourraient mener dans les prochaines semaines à bien d’autres interpellations.