Les avocats de Tarek Ladhari, Me Olivier Martins et Me Caroline Poiré, ont demandé, lundi en début d'après-midi devant la cour d'assises de Bruxelles, le renvoi du procès à une date ultérieure. 

En cause, l'absence de plusieurs témoins que ma défense estime importants et utiles au dévoilement de la vérité. Dans ce dossier, Tarek Ladhari est accusé du meurtre de Denis Debouverie. Ce dernier était propriétaire de plusieurs restaurants dans le quartier de l'Ilot Sacré à Bruxelles. Il avait été découvert mort, égorgé, dans son bureau situé dans la Petite rue des Bouchers, le 10 septembre 2008. Le président de la cour d'assises a annoncé, lundi matin après la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général, que la juge d'instruction qui a mené l'enquête ne pouvait pas venir témoigner pour raison de santé, tout comme un des deux experts psychiatriques qui a examiné l'accusé. Il a également annoncé que quatre inspecteurs de police qui ont participé à l'enquête ne pourront pas venir témoigner au procès eux non plus, pour diverses raisons dont des absences pour congé personnel. L'un de ces policiers est celui qui a mené toutes les investigations du volet financier de l'enquête, tandis qu'un autre est celui qui a procédé aux premières constations sur le lieu du crime.

Pour la défense, il s'agit de témoins-clés dont la cour ne peut se passer. "Nous avons des questions essentielles à poser à ces témoins", a déclaré Me Martins, précisant qu'il ne voulait "rien galvauder pour quelqu'un qui risque trente ans de prison".

"Cela fait onze ans que mon client attend d'être jugé et nous apprenons, aujourd'hui, qu'il y a de nombreux témoins qui sont soit malades soit en vacances voire décident de ne pas venir témoigner", s'est exclamée Me Poiré.

Cette situation a laissé place à d'intenses échanges entre les différentes parties au terme desquels la défense a décidé de déposer des conclusions dans le sens d'une remise du procès.

Les débats ont été suspendus pour environ une heure lundi après-midi. La cour prendra ensuite position.

Tarek Ladhari, un homme d'origine tunisienne âgé de 64 ans, est accusé d'avoir tué Denis Debouverie. Ce dernier lui louait le restaurant "La Petite Fontaine", situé juste en face du restaurant "La Vieille Ville", au-dessus duquel Denis Debouverie avait son bureau et son appartement, dans la Petite rue des Bouchers à Bruxelles.

Denis Debouverie possédait la plupart des restaurants de l'Ilot Sacré, centre historique de la capitale qui comprend la rue Grétry, la rue de la Fourche, la rue des Dominicains, la rue des Bouchers et la petite rue des Bouchers. Il vivait des loyers, plutôt élevés dans ce quartier touristique, de ses biens immobiliers.

Le 10 septembre 2008, Denis Debouverie, âgé alors de 74 ans, a été découvert sans vie, étendu sur le sol de son bureau, l'artère carotide sectionnée.

Les analyses génétiques d'échantillons prélevés sur la scène de crime mettent en évidence le profil ADN de l'accusé à deux reprises.

Tarek Ladhari a toujours nié être impliqué de près ou de loin dans le meurtre de celui qui était surnommé le "roi de l'Ilot Sacré", tout en admettant que des conflits d'argent les opposaient.

L'enquête a révélé que Denis Debouverie avait de nombreux litiges avec ses locataires. L'un d'eux lui avait envoyé une lettre de menaces en août 2008.