L'ASBL et quelque 62.000 citoyens ont intenté une action contre l'État et les trois Régions du pays pour que le tribunal les enjoigne à respecter leurs promesses dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. "La revue médicale la plus réputée au monde, The Lancet, a consacré en 2019 un rapport à l'impact du changement climatique sur la santé des enfants nés aujourd'hui. Ce rapport affirme que la vie de chaque enfant sera profondément affectée, et ce, à chaque stade de son évolution", ont plaidé les avocats de la partie demanderesse.

"Quel monde laisse-t-on aux enfants ? Un monde où, à l'école, on ne leur demandera plus quelle est leur saison préférée, parce que chaque saison apportera son lot de phénomènes dangereux, mais aussi un monde où l'air sera difficilement respirable, un monde où la mer sera devenue une menace et un monde d'une instabilité géopolitique extrême. En somme, ce sera un monde qui s'écroule", ont insisté les avocats.

Ceux-ci estiment que les autorités belges ont méconnu des normes de droit international consacrant la protection des droits fondamentaux, car le réchauffement climatique a des conséquences sur le droit à la vie, le droit à la santé et le droit au respect de la vie privée et familiale.

"Les parties défenderesses ne manqueront pas de dresser un catalogue de tout ce qu'elles font pour le climat. C'est bien, mais ce n'est pas suffisant! Or, la Cour européenne des droits de l'homme est bien claire: les pays doivent prendre toutes les mesures nécessaires, préventives et suffisantes pour empêcher les violations des droits de l'homme", ont argumenté les avocats. "Votre tribunal a un rôle prépondérant à jouer, parce que dans notre système juridique vous êtes le premier garant du respect de nos droits", se sont-ils adressé au tribunal.

Dans ce "procès climat", l'ASBL Klimaatzaak attaque l'État fédéral, la Région de Bruxelles-Capitale, la Région flamande et la Région wallonne pour violation des droits de l'homme et de l'enfant.

L'association, portée par quelque 62.000 personnes qui se sont jointes à son combat judiciaire, considère que les autorités politiques belges mettent en danger les citoyens en ne respectant pas les engagements qu'elles ont pris aux niveaux européen et mondial pour ralentir les émissions de gaz à effet de serre du pays.

Les demandeurs entendent obtenir du tribunal qu'il contraigne l'Etat fédéral et les trois entités fédérées à agir immédiatement, en commençant par réduire les émissions de gaz à effet de serre d'au moins 42% d'ici 2025, sous peine d'astreintes d'un million d'euros pour chaque mois de retard pris sur l'exécution de la décision.

Le procès se poursuivra vendredi. La parole sera donnée aux avocats de l'État belge.