Compte tenu de ce nombre, moins important qu'estimé, tout le monde a pu prendre place dans la salle d'audience principale, a précisé le parquet fédéral. La chambre du conseil va commencer par acter les constitutions de partie civile, ce qui pourra prendre toute cette première audience de lundi, voire plus. Elle entendra ensuite le rapport des juges d'instruction, ensuite le réquisitoire des procureurs fédéraux, puis les plaidoiries des avocats de la défense. La première audience de la chambre du conseil dans le dossier des attentats à Bruxelles a débuté lundi matin, sous haute sécurité, dans les anciens bâtiments de l'Otan, où plusieurs salles d'audience ont récemment été aménagées.

"Les victimes prennent tour à tour la parole pour expliquer un peu leur constitution de partie civile", a expliqué Me Hamid El Abouti, l'un des avocats de la partie civile, alors que les débats de ce lundi touchent à leur fin. "Il y a un peu d'émotion quand ce sont les parties civiles elles-mêmes qui prennent la parole directement, sans intermédiaire d'avocat. Sinon les débats sont relativement sereins", a déclaré le pénaliste bruxellois. La chambre du conseil a donné la parole en premier lieu aux juges d'instruction, qui ont fait un rapport assez bref de leur instruction. "Ils ont résumé les charges qu'il peut y avoir à l'encontre de chacun des inculpés pour justifier soit un renvoi en correctionnelle soit un renvoi vers la chambre des mises en accusation, seule à pouvoir renvoyer devant la cour d'assises", a expliqué Me El Abouti.

La parole a ensuite été donnée aux victimes qui veulent se constituer partie civile.

La journée de mardi devrait encore être consacrée à celles-ci, puis la parole sera donnée au parquet fédéral pour son réquisitoire de renvoi. Les débats pourraient déjà se terminer vendredi.

La chambre du conseil va décider, à l'issue de ces débats, qui doit être renvoyé devant la cour d'assises, qui doit être renvoyé devant un tribunal correctionnel et qui doit bénéficier d'un non-lieu.

Le parquet fédéral souhaite que huit des 13 inculpés soient renvoyés aux assises pour assassinats et tentatives d'assassinat dans un contexte terroriste, ainsi que pour appartenance à un groupe terroriste, et que deux autres soient renvoyés devant un tribunal correctionnel. Il demande le non-lieu pour les trois derniers.

"Ce que les victimes espèrent c'est que cette procédure soit régulière" 

"On sait que ce n'est pas aujourd'hui que tout se joue. C'est la première étape dans cette voie judiciaire vers le procès qui commence. Et évidemment les victimes ont beaucoup d'espoir", a déclaré Me Guillaume Lys, avocat de l'association de victimes V-Europe, lundi. "Trois juges d'instruction se sont occupés de ce dossier et vont devoir expliquer quatre ans d'enquête. C'est un travail colossal. Ce n'est pas facile et ça va évidemment prendre du temps mais je pense qu'on aura beaucoup de choses à apprendre en les écoutant ces prochains jours", a encore commenté Me Lys.

"Les victimes souhaitaient surtout être représentées pour cette première étape de la procédure. Mais elles savent que ce n'est pas encore le procès. Ce qu'elles espèrent avant tout c'est que toute cette étape se passe bien, que la procédure soit régulière. On avance vers le procès d'assises et ça c'est important", a poursuivi le pénaliste.

Les avocats des principaux prévenus, notamment Me Stanislas Eskenazi, conseil de Mohamed Abrini, et Me Jonathan De Taye, conseil d'Ali El Haddad Asufi, sont arrivés sur place également. Mais ils n'ont pas souhaité faire de commentaire.