Selon l'expert, Mawda se trouvait bien à l'avant du véhicule comme l'a déclaré plus tôt le médecin légiste. Il a aussi déclaré que la thèse d'un coup de feu "par crispation ou par réflexe" était plausible. L'expert est incapable de dire si le tir est volontaire ou pas.

Plus tôt, lundi, le médecin légiste avait expliqué devant le tribunal que le coup de feu avait traversé la tête de la petite fille et qu'il avait détruit les deux vitres latérales de la camionnette. Selon le médecin, la petite fille se trouvait à l'avant du véhicule et non à l'arrière, en raison des éléments organiques retrouvés sur le tableau de bord.

André Chabotier, expert en balistique au sein de l'école royale militaire, a aussi estimé que la présence la plus vraisemblable de Mawda dans la camionnette était à l'avant.

"Lors des constatations effectuées sur le véhicule, on n'a pas retrouvé d'impact balistique dans la partie avant, ni dans la partie arrière du véhicule. Les deux vitres latérales avant étaient brisées. Des projections de sang ont été retrouvées sur le tableau de bord, au centre de l'habitacle avant ainsi que des matières organiques sur la porte avant droite. Un second examen complet du véhicule a été fait pour retrouver un impact mais sans succès", a-t-il déclaré devant le tribunal, lundi midi.

Les véhicules de police qui suivaient la camionnette ont déclaré avoir vu une projection de vitre de la portière avant droite de la camionnette. L'autopsie révèle par ailleurs des blessures périphériques qui peuvent être causés par l'explosion de la vitre latérale avant gauche.

Plusieurs trajectoires possibles ont été définies lors de l'enquête, de la gauche vers la droite. Selon M. Chabotier, la trajectoire la plus probable est presque perpendiculaire par rapport à l'axe longitudinal de la camionnette.

Selon l'expert, si l'enfant se trouvait à l'arrière du véhicule, juste derrière le siège avant, la balle aurait dû se loger dans la carrosserie et aurait pu faire d'autres victimes. Or, ce n'est pas le cas.

Tir réflexe 

Le policier poursuivi pour l'homicide involontaire de la petite fille a déclaré que le coup était parti accidentellement quand la camionnette a heurté le véhicule de police, ce qui a provoqué un déport vers la gauche de ce véhicule de police. L'expert estime que le tir a pu être effectué par crispation ou par réflexe. "Je ne peux pas l'affirmer mais c'est plausible", a-t-il déclaré.

L'expert a examiné l'arme du policier poursuivi et il a constaté qu'aucun réglage particulier n'avait été effectué sur cette arme. "Un coup de feu accidentel parait difficile avec ce genre d'arme car il faut faire déplacer la détente sur une distance de 8,4 mm et une force de 28 Newtons". Cependant, compte tenu de tous les éléments examinés dans son rapport, il estime que le tir a pu être effectué par crispation ou par réflexe car le policier avait le bras tendu hors du véhicule. Il a pu tenir son arme plus fermement que d'habitude.

Enfin, l'expert a expliqué que le type de balle utilisée par les forces de l'ordre est souvent un projectile à tête creuse qui ne se fragmente généralement pas mais qui "se champignonne" et freine dans la cible.