L'audience a commencé ce jeudi matin par la plaidoirie de l'avocat Guillaume Gossieaux qui défend Lorenzo S., poursuivi pour association de malfaiteurs parce qu'il a donné certaines informations à la bande Hakimi. C'est à travers plusieurs soirées au casino qu'il a fait la rencontre de Farid Hakimi à qui il emprunte petit à petit de l'argent pour jouer. La dette grimpe et atteint les 5000 euros. Farid Hakimi lui propose alors un deal : des informations sur des habitations où il y a de l'argent afin de commettre des home invasions en échange de la somme à rembourser. Lorenzo cède et donne plusieurs adresses au boxeur. Son avocat a mis en avant la pression exercée par Farid Hakimi sur lui. Il estime, sans surprise, que la peine requise par le procureur fédéral, à savoir 5 ans d'emprisonnement, est trop sévère en raison de la volonté, démontrée à plusieurs reprises, de son client de ne plus fréquenter Hakimi. Il réclame donc un sursis.

Les avocats des autres protagonistes poursuivent les plaidoiries ce jeudi mais il faudra attendre vendredi matin pour entendre la défense de Stéphane Pauwels. Les avocats Sven Mary et Romain Delcoigne débuteront la journée qui se poursuivra par une autre plaidoirie très attendue, celle du pénaliste Sebastien Courtoy qui défend Marwane Hammouda, l'homme dont la compagne a entretenu une relation avec le chef d'enquête, Ludovic N., poursuivi par ailleurs pour violation du secret professionnel dans ce dossier.

Me Mayence plaide à son tour

"Je ne vais pas plaider sur la recevabilité des poursuites. J'ai de la chance parce que je vais m'exprimer pour une petite main dans cette affaire, ce qui est relativement rare. Trois préventions sont reprochéés à mon client. Tout le monde dit du bien du procureur fédéral, j'apprécie, c'est un adversaire redoutable en effet. Mais on a mis mon client dans une association de malfaiteurs et la période infractionnelle est déjà étrange mais surtout on n'a pas dit un mot. J'en déduis qu'il renonce à cette prévention". Le procureur fédéral confirme qu'il y renonce. "Moi, j'aime bien que les choses soient dites et j'aurai préféré que le procureur le dise avant. Je suis comme le procureur fédéral moi et je vérifie tout aussi ! Et quand le procureur fédéral parle de circonstance aggravante de récidive dans le chef de mon client, je ne suis pas très malin mais les dates évoquées par le magistrat fédéral ne correspondent pas !", s'emporte le ténor du barreau de Charleroi.

Me Mayence aborde à présent la prévention qui pèse contre son client. "Moi je vis dans un monde où la violation du secret de l'instruction est quotidienne. Dans le procès Wesphael, je me suis insurgé face à cette violation du secret de l'instruction. Le parquet a ouvert une enquête et toujours pas de nouvelle. Dans l'affaire Mathot, pareil : aucune nouvelle. Alors venir poursuivre aujourd'hui Monsieur S. pour violation du secret professionnel, c'est incompréhensible ! Alors Monsieur Moinil, moi, contrairement à vous, j'aime le football et donc Monsieur Pauwels, je le connaissais. Et vous lui reprochez en gros d'avoir dit à Monsieur S. qu'il était impliqué dans une affaire mêlant Hakimi. C'est cela que vous qualifiez de violation du secret professionnel !", poursuit l'avocat. Le pénaliste qu'il ne s'occupe pas du cas Pauwels mais dit constater qu'il est irrité par sa situation. "On voit que c'est quelqu'un qui est perdu. Il ne sait pas comment faire. Et quand il va être arrêté à son tour, il va l'expliquer à Pietro qui est son véritable ami. Jusque là, personne ne va lui reprocher de se confier à son meilleur ami. Il se fait qu'ils sont allés manger chez Zecca, que Thibaut Roland était là d'ailleurs. Et Pietro va dire qu'il connaît quelqu'un qui connaît Hakimi pour lui demander de dire la vérité".

Rappelons ici que Me Mayence défend Pietro S., l'ami de Stéphane Pauwels. "L'entrave, l'intention malveillante doit être le rôle poursuivi par l'auteur pour qu'on retienne l'entrave à l'instruction ! Et ce n'était pas le but donc mon client n'est pas l'auteur de cette infraction !", poursuit le pénaliste. "Stéphane Pauwels n'a pas tenté d'avoir accès à une information du dossier répressif mais on parle ici d'une audition, il ne faut pas tout mélanger !".

Me Mayence estime donc que son client n'a pas commis d'entrave à l'instruction dès lors qu'il était déjà connu qu'Hakimi faisait partie des personnes arrêtées dans cette affaire. Il tente ainsi de démontrer qu'en voulant contacter les frères Hakimi pour leur demander d'expliquer aux enquêteurs que Pauwels n'est pas lié au dossier, l'entrave reprochée justement, il n'aurait donc rien fait de mal. Me Mayence plaide dès lors l'acquittement pour son client.