Judiciaire

Les peines sont extrêmement lourdes, à la mesure de la gravité des faits commis à l’encontre de Valentin, précipité dans la Meuse les mains menottées dans le dos après huit heures de tortures et d’humiliations commises par les cinq accusés.

En raison de mises à disposition, elles sont même globalement plus lourdes que ce qu’avait réclamé en réquisitoire l’avocate générale. Le jury et la cour d’assises ont mis en avant la “violence inouïe et l’acharnement de chacun des accusés”. Ils ont relevé l’énergie déployée par les accusés pour tenter d’assurer leur impunité.

Ils ont tenu compte des immenses souffrances physiques et mentales subies par Valentin ainsi que de l’insensibilité totale des accusés par rapport à Valentin qui avait appelé à l’aide.

Une peine inédite

En raison du rôle prépondérant qu’il a joué dans les faits, Alexandre Hart, 21 ans, a été condamné à la réclusion à perpétuité, assortie d’une mise à disposition du tribunal de l’application des peines (TAP) de 15 ans.

Alexandre Hart avait, comme l’ont relevé l’enquête et ses propres aveux, lancé la machine infernale qui sera fatale à la victime, Valentin Vermeesch, qui à à peine 18 ans souffrait d’un léger retard mental. Une telle peine est inédite pour un aussi jeune accusé qui, de surcroît, n’a pas d’antécédents judiciaires. Pour justifier cette extrême sévérité, le jury et la cour ont relevé qu’il avait trahi la confiance que Valentin avait en lui. Ils ont pris en compte la dangerosité d’Alexandre Hart, son côté manipulateur et son cynisme quand il a tenté de faire croire à la famille de Valentin qu’il était toujours vivant.

Tout comme Alexandre Hart, Belinda Donnay (22 ans), dans le studio de qui les faits ont été commis, n’a pas bénéficié de circonstances atténuantes. Ce qui implique que la peine est automatiquement la réclusion à perpétuité. La cour et le jury ont relevé qu’elle a tenté d’esquiver sa responsabilité. Ils ont pointé son côté manipulateur et son absence totale d’empathie envers Valentin.

Des circonstances atténuantes

Les trois autres accusés ont bénéficié de circonstances atténuantes. Dorian Daniels, 22 ans, a bénéficié de la plus grande clémence de la cour et des jurés. Ses remords, exprimés rapidement, ont été retenus comme circonstance atténuante. Il a été condamné à 25 ans de prison. La cour et le jury ont pris en compte sa collaboration à l’enquête, sa prise de conscience de la gravité des faits et ses possibilités de réinsertion. Ils ont toutefois noté qu’il a eu un rôle actif et extrêmement violent envers Valentin et est resté dans le groupe alors qu’il avait pris conscience de la gravité des faits.

Une seule circonstance atténuante a été retenue pour Loïck Masson, 23 ans : le milieu familial précaire et violent dont il est issu. La cour et le jury ont relevé la position victimaire qu’il a toujours adoptée. Ils ont fait remarquer qu’habitant dans l’immeuble où les faits ont été commis, il aurait pu se retirer. Sa dangerosité et sa capacité à surjouer un retard mental ont été prises en compte. Il a été condamné à 27 ans de prison.

Une seule circonstance atténuante a également été retenue pour le plus jeune des accusés, Killian Wilmet, 18 ans, à savoir le fait qu’il avait 16 ans au moment des faits. Vu qu’il était mineur, il ne pouvait être condamné à plus de 30 ans de prison. Il s’est vu infliger 29 ans de prison. Vu que la peine est inférieure à 30 ans et que, comme tous les autres accusés, c’est sa première condamnation, il sera accessible à une libération conditionnelle au tiers de la peine, plutôt qu’après 15 ans. Le jury a néanmoins décidé de sa mise à disposition du gouvernement de 15 ans, qui s’appliquera en cas de libération conditionnelle. Ils ont ainsi tenu compte de sa personnalité à caractère psychopathique, son côté manipulateur, son narcissisme, son absence totale d’empathie et sa dangerosité.

Des regrets exprimés

Avant la délibération les accusés avaient adressé un dernier mot au jury. “Je suis désolé de tout ce qui est arrivé”, avait dit Alexandre Hart. Belinda Donnay avait tenu à “s’excuser auprès de la famille et des proches, même si ce qu’il s’est passé est impardonnable”. “Je regrette ce qu’il s’est passé ce jour-là. Je vais devoir vivre avec ma faute”, avait souligné Dorian Daniels tandis que Loïck Masson et Killian Wilmet avaient tenu à présenter leurs excuses. Ils n’ont pas montré d’émotion à l’énoncé des peines.