Les enquêteurs ont présenté mardi matin, devant la cour d'appel de Bruxelles, les éléments de l'enquête sur l'assassinat de Marc Dellea, tué d'une balle dans la tête à son domicile à Laeken le 8 juillet 2014. Sa compagne Sylvia B. et l'ancien député francophone au parlement flamand Christian Van Eyken, pour qui elle travaillait comme attachée parlementaire et avec lequel elle entretenait une relation, avaient en première instance été condamnés chacun à une peine de 23 ans de prison. Les policiers ont notamment abordé les pistes suivies dans les relations professionnelles et commerciales de Marc Dellea, mais sans trouver de suspect sérieux parmi les personnes qui avaient eu un différend avec lui.

"A un moment donné, ne trouvant pas les véritables auteurs, on s'est focalisé sur les deux prévenus", défend Me Laurent Kennes, qui représente Christian Van Eyken. "En avril 2015, nos clients sont libres et ne sont pas inculpés, alors qu'on a déjà tous les éléments qu'on retrouve dans le jugement. On va alors faire passer le test du polygraphe à une des deux personnes aujourd'hui accusées (Sylvia B., NDLR.), et c'est ce résultat qui va manifestement convaincre le juge d'instruction..."

La défense a largement questionné en fin d'audience l'enquêteur principal sur sa formation de polygraphe au Canada et a cherché à lui faire reconnaître que ce test avait forgé sa conviction.

Dans les rangs des parties civiles, Me Nikolaos Korogiannakis rétorque qu'il s'agit d'une technique d'audition légale et que "le jugement est loin de reposer seulement sur le polygraphe".

Me Georges Nicolis retient de plus que des éléments avancés par les enquêteurs infirment des dires dénigrants de Sylvia B., prononcés lundi à l'audience. "Sur l'activité professionnelle de Marc Dellea, elle a précisé qu'il ne travaillait plus qu'une journée par semaine. L'enquêtrice principale a produit devant la cour son journal d'activités professionnelles, qui était rempli au quotidien."

Christian Van Eyken et Sylvia B., devenus époux en 2018, ont toujours nié toute implication dans la mort de Marc Dellea mais le tribunal correctionnel de Bruxelles les avait reconnus coupables d'assassinat et condamnés à 23 ans de prison. Ils ont ensuite fait appel de cette décision qu'ils contestent.