Les Belges ont enfin reçu la réponse à la question que beaucoup d’entre eux se posaient concernant la possibilité ou non de fêter Noël en famille. Comme l’a annoncé le Comité de concertation ce vendredi 27 novembre, il n’y aura pas d’assouplissement de la bulle pour les fêtes de fin d’année. Offrant uniquement la possibilité à la population isolée d’inviter deux personnes pour Noël, le gouvernement a adopté une politique stricte pour “éviter à tout prix une troisième vague qui serait plus virulente que la seconde”. Mais ce refus de permettre aux citoyens de fêter Noël avec leurs parents, leurs frères, leurs soeurs, leurs enfants ou leurs petits-enfants passe mal chez certains. “Nous passerons ce moment avec eux quoi qu’ils en disent”, avons-nous pu entendre plusieurs fois à la suite des annonces de ce vendredi. En effet, selon une étude de l'Université d'Anvers, un Belge sur trois affirme qu'il n'est pas prêt à passer le réveillon dans un cercle très limité et qu'il ne compte pas respecter les règles.  

La semaine dernière, la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, annonçait que ce genre de comportement serait surveillé par les policiers, qui “pourraient sonner aux portes durant le réveillon”. Si elle a précisé par la suite que cette possibilité pour les forces de l’ordre de débarquer au domicile des Belges concernait davantage les “lockdown parties”, de nombreuses personnes se demandent ce que les policiers pourront réellement faire pour éviter qu’aient lieu de grandes réunions de famille. 

Les policiers pourront-ils entrer dans les maisons ?

Interrogée par La Libre, Laurence Massiat, porte-parole de la zone de police de Namur, estime que la situation sera assez semblable à celle que l’on a connue pour la fête des mères. “Ces moments sont plus propices aux rassemblements, détaille-t-elle. Mais, même si cela peut paraître compliqué, il faut respecter les règles qui sont en vigueur et les policiers seront présents pour s’assurer que cela soit le cas. Ils pourront intervenir sur base d’appels pour tapage nocturne, par exemple, ou de constats faits en passant dans les rues.”

Mais cela ne signifie pas pour autant que les forces de l’ordre seront autorisées à pénétrer dans les appartements ou les maisons des Belges qui seraient éventuellement en infraction. “Les policiers ne peuvent pas entrer dans un domicile sur base administrative, il leur faut une injonction judiciaire”, ajoute Mme Massiat. En effet, sans mandat émis par un juge, les agents ne peuvent pénétrer dans la maison que si l’occupant leur donne son consentement ou si une personne à l’intérieur les appelle à l’aide.

"Ce n'est pas de gaieté de coeur"

“Mais ce n’est pas pour autant qu’on ne pourra rien faire”, précise la porte-parole de la zone de police de Namur. Selon Mme Massiat, si des personnes violent les règles sanitaires, toute une série d’infractions pourront déjà être relevées dans le cadre d’un procès verbal, réalisé sur le pas de la porte. "Les policiers peuvent sonner à un domicile si des voisins les ont appelés pour tapage nocturne, explique Mme Massiat. Suite à cela, ils peuvent poser différentes questions, demander les pièces d'identité des personnes habitant les lieux et dresser un PV si la situation le demande." 

Comme le rappelle la policière, ce dispositif est déjà en vigueur actuellement. Les agents s'attellent tous les week-end à veiller à ce que les citoyens ne fassent pas la fête en grand nombre et à ce que le couvre-feu soit respecté. Le réveillon du 24 décembre reste toutefois particulier pour les forces de l'ordre qui s'attendent à être particulièrement sollicitées. "On se doute qu'on aura plus d'appels et que nos services seront fort demandés", confirme la porte-parole de la zone de police de Namur. Elle espère malgré tout pouvoir compter sur la responsabilité collective des Belges. "Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous allons veiller le soir de Noël à ce que les gens ne se réunissent pas au-delà de ce qui est autorisé, nous préférerions également assister à des fêtes de fin d'année traditionnelles, mais la situation actuelle ne le permet pas, nous devons continuer à respecter les règles sanitaires", conclut Mme Massiat.