Ibrahim est mort en juillet 2017 du syndrome du bébé secoué. L’homme qui le gardait a été condamné.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné, lundi après-midi, un homme âgé de 30 ans à une peine de six ans de prison pour avoir involontairement tué un bébé qui lui avait été confié, le 10 juillet 2017 à Molenbeek-Saint-Jean. Ibrahim, âgé de 10 mois, était décédé à l’hôpital. Le prévenu, qui le gardait, avait averti les secours. Le médecin légiste avait conclu que l’enfant était très probablement décédé du syndrome du bébé secoué. De plus, il avait relevé de nombreuses ecchymoses sur le corps de la victime.

Le prévenu avait d’abord déclaré qu’Ibrahim était tombé de son lit, une version qui n’expliquait pas les lésions observées. Il avait ensuite admis qu’il l’avait secoué, affirmant que l’enfant semblait inconscient dans son lit.

Le tribunal a conclu, suivant les expertises médicales, que le bébé était décédé "à tout le moins des suites de secouements, même si d’autres lésions ont participé aux causes de la mort". Lors de son admission à l’hôpital, l’enfant présentait en effet des ecchymoses dans la bouche, au visage, aux bras et aux cuisses. Il souffrait également d’une fracture du crâne. Des blessures que le tribunal qualifie d’"énigmes interpellantes".

Pour le tribunal, il était certain, d’après les médecins, que l’enfant n’était pas dans un état comateux avant d’être secoué, ce qui rend non crédibles les explications du prévenu selon lesquelles il a secoué l’enfant pour le réveiller.

Le tribunal a toutefois estimé qu’il n’était pas établi que le prévenu était animé d’une intention de tuer Ibrahim, bien qu’il aurait pu connaître les conséquences d’un acte de secouement d’un bébé. "Faire preuve de violence est injustifiable à l’égard d’un bébé", relève-t-il. Le ministère public avait requis une peine d’emprisonnement de 5 ans.