En 2018, la vidéo avait agi comme un électrochoc. Cécile Djunga, qui présentait alors la météo sur la RTBF Télévision, avait eu le courage de se lever. En larmes, elle dénonçait le racisme dont elle était victime sur les réseaux sociaux en raison de sa couleur de peau.

Soutenue par la télévision publique, elle avait porté plainte. Le plus virulent de ses harceleurs avait été identifié. Ses propos étaient d’une extrême violence. Il affirmait notamment que, si elle était victime d’une agression mortelle, il ne dénoncerait pas l’agresseur mais le féliciterait bien bas.

Devant la répétition de ces propos devant la police, un avocat avait même renoncé à le défendre. L’homme, un Hennuyer de 32 ans, a toujours maintenu. Il affirmait que c’était son opinion personnelle et qu’il n’avait aucun regret, sauf les fautes d’orthographe de ses textes.

Cela n’a pas été la lecture du tribunal correctionnel, pour qui il ne fait pas de doute qu’il a incité à la violence et à la haine, ce qui, pénalement, doit être sanctionné.

Vu notamment l’absence totale de remise en question, le tribunal a tenu à ce qu’une partie de la peine soit ferme. Il a condamné cet homme "qui a fait de sa haine une règle de vie" à six mois de prison, dont 15 jours ferme et à une amende de 1 600 euros. Un jugement qui a été salué par Unia, l’organe public de lutte contre la discrimination et de promotion de l’égalité des chances, qui se réjouit "que la justice rappelle encore une fois qu’il y a aussi des limites sur les réseaux sociaux".