Judiciaire

Solidaris n'aime pas la publicité pour les médicaments en vente libre. Pour elle, c'est une incitation à la consommation, alors que les médicaments ne sont pas des produits comme les autres. En 2018, la Mutualité socialiste avait dès lors lancé une campagne pour dénoncer ces pratiques de l'industrie pharmaceutique. Une fausse pub avait circulé, pour un faux médicament contre les diarrhées, visant à montrer les dérives de la pub pour les médicaments.

Cela n'avait pas plu à Bachi, l'association belge qui regroupe les entreprises de l'industrie des médicaments en vente libre et des produits de santé vendus en pharmacie. En novembre 2018, en référé, elle avait obtenu l'interdiction de la diffusion de cette campagne. Solidaris avait obtempéré et cessé la campagne.

Mais devant la cour d'appel de Bruxelles, Solidaris a obtenu gain de cause, annonce-t-elle ce jeudi. 

Selon la Mutualité socialiste, contrairement à ce qu’avait estimé le tribunal, la cour d’appel relève que "la circonstance que le propos dérange ne constitue pas une raison d'en interdire l'expression". Elle ajoute qu’"il n'est pas établi que la capsule vidéo (intitulée "Instant magique") ferait passer le message que les entreprises pharmaceutiques auraient pour seul objectif d'enrichir leurs actionnaires au mépris de la santé des patients consommateurs". "L'usage d'une mise en scène et d'un ton humoristique n'est pas critiquable, s'agissant d'un moyen communément utilisé afin de faire passer un message sérieux", indique-t-elle encore.

Confortée par cet arrêt, Solidaris a sans délai remis sa fausse pub en ligne.

La Mutualité socialiste se réjouit de cette décision. "Cette affaire nous prouve que Solidaris a touché un point sensible à la stratégie marketing des firmes pharmaceutiques qui vise à utiliser la publicité uniquement pour accroître le chiffre d'affaire, et non pour rencontrer les besoins des patients, écrit-elle. L’enjeu de ce procès était de taille puisque cette décision aurait pu museler Solidaris dans ses futures actions d’information. C’est un combat gagné pour Solidaris, un combat de fond qui ne s’arrêtera pas."