Le tribunal correctionnel d’Anvers a condamné Melikan Kucam, ancien conseiller communal N-VA à Malines à huit ans de prison et à 696 000 euros d’amende pour trafic d’êtres humains et corruption. Les juges ont ordonné la confiscation de 522 000 euros.

Sous la précédente législature, Kucam avait la confiance du cabinet du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA). Il avait servi d’intermédiaire pour la délivrance de "visas humanitaires", une compétence discrétionnaire du secrétaire d’État ou ministre.

Le précédent gouvernement avait voulu faire un geste pour les chrétiens d’Orient en danger en Irak et en Syrie à cause de l’État islamique. Melikan Kucam avait remis des listes de chrétiens assyriens. Mais il se faisait payer par les candidats entre 2 150 euros et 7 500 euros pour être repris sur la liste.

Un total de 219 visas

Le tribunal a calculé que 219 chrétiens assyriens ont obtenu un visa humanitaire et ont gagné la Belgique via la filière Kucam. Certains n’ont jamais demandé l’asile en Belgique, gagnant un autre pays européen. Ce qui est contraire aux conditions d’octroi d’un visa humanitaire.

Melikan Kucam a été arrêté début 2019. Theo Francken, qui avait mis en place un tel système d’intermédiaire avec son cabinet, avait été fragilisé.

Neuf autres prévenus, dont l’épouse et le fils de Melikan, ont écopé de peines allant jusqu’à quatre ans de prison.

Theo Francken, désormais simple député, a réagi. Il soutient que sa politique était la bonne et a permis de sauver de nombreux chrétiens de Syrie des griffes de l’État islamique. "Kucam n’était qu’un des contacts, désigné par la communauté assyrienne de Malines, qui a permis le pont aérien humanitaire. Il a abusé de sa fonction et une lourde peine est adaptée", dit-il.

Kucam a toujours protesté de son innocence. Il a d’ores et déjà annoncé qu’il irait en appel.