Le procureur du Roi a requis, mardi matin devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, la peine maximale pour calomnie, soit un an de prison, à l'encontre d'un homme qui avait insulté la police. Ce dernier avait posté sur Facebook un message laissant entendre qu'il se réjouissait de la mort d'un policier blessé lors d'une fusillade à Wandre (Liège) le 9 septembre dernier. Si le tribunal fait droit à la demande du procureur, la peine pourrait être assortie d'un sursis. De son côté, l'auteur du commentaire s'est excusé et a affirmé qu'il n'a souhaité la mort de personne. Ses avocats ont plaidé l'incompétence du tribunal à juger cette affaire, qui prend la forme selon eux d'un délit de presse.

"Je ne souhaite la mort de personne. Je ne suis parfois pas d'accord avec certaines choses mais je ne me réjouis pas de la mort de quelqu'un. Je demande pardon à tous les services de police", a déclaré le prévenu. Ce dernier a également affirmé qu'une partie de son commentaire était du "second degré", une subtilité que le président du tribunal a dit ne pas avoir saisie dans ce qu'il a lu. 

Le ministère public a estimé que les propos que cet homme avait tenus sur Facebook étaient inacceptables et a requis une peine d'un an de prison à son encontre, soit la peine maximale pour la prévention de calomnie retenue à sa charge. 

La défense, elle, a plaidé à titre principal que le tribunal se déclare incompétent. Pour Me Christophe Marchand, il est évident que les propos de son client ont "blessé profondément" et qu'il n'aurait "jamais dû parler en ces termes", mais il estime qu'il s'agit là d'un délit de presse, soit l'expression d'une opinion ou d'une pensée par voie de presse ou numérique, qui relève encore en Belgique de la compétence de la cour d'assises. 

En pratique néanmoins, il est rare que cette instance judiciaire soit encore saisie de ce type de délit. 

A titre subsidiaire, la défense a plaidé l'acquittement, considérant que le ministère public n'a pas pu ciblé de "fait précis", la calomnie se définissant comme "l'imputation méchante, à une personne, d'un fait précis qui est de nature à porter atteinte à l'honneur de cette personne". 

La défense a encore renforcé sa demande d'acquittement en avançant qu'"aussi détestables soient les propos", ils relèvent de la liberté d'expression. "Je vous demande de ne pas faire de lui quelqu'un qui va payer pour tout le monde, juste pour ce qu'il a dit", a encore plaidé Me Marchand. 

Le 9 septembre dernier, le prévenu avait écrit sur Facebook "un bon flic est un flic mort" et "des assassins qui meurent, ça ne me choque pas", en réaction à une information annonçant (erronément) la mort d'un policier. Le même jour, une fusillade avait eu lieu à Wandre en région liégeoise, au cours de laquelle un policier de 33 ans avait été grièvement blessé. 

Plusieurs policiers de Liège étaient présents à l'audience ce mardi. La zone de police de Liège était également représentée du côté de la partie civile. 

Le tribunal rendra son jugement le 15 novembre prochain