La psychiatre de Tine Nys s'est exprimée devant les assises. 

"Elle a demandé à ce qu'on signe sa demande d'euthanasie. Nous pensions qu'en tant que pratiquants nous n'avions aucun rôle à jouer dans ce processus", a déclaré mercredi devant la cour d'assises de Flandre orientale la psychiatre du centre de santé mentale de Saint-Nicolas où a été suivie Tine Nys pendant des années. Tine Nys a été euthanasiée le 27 avril 2010 sur la base de ses souffrances psychiques. Selon le ministère public, les trois médecins, accusés ici d'empoisonnement, n'ont pas respecté les conditions de la loi sur l'euthanasie. Outre le médecin qui a posé le geste, deux autres ont dû soutenir la demande d'euthanasie, et ceux-ci n'étaient pas indépendants à l'égard de la patiente, selon le ministère public.

La psychiatre du centre pour santé mentale de Saint-Nicolas a déclaré que Tine Nys y avait été suivie de 2003 à début 2010. "Je l'ai moi-même reçue, en tant que psychiatre, à deux reprises et elle était suivie par une psychologue. Elle a demandé en janvier 2010 que l'on contresigne sa demande d'euthanasie. Nous estimions que nous n'avions en tant que pratiquants aucun rôle à jouer dans ce processus (...) Elle s'est énervée que nous ne voulions pas le faire et a mis fin aux discussions", a rapporté le docteur Hilde Vanherle.

Karin Van Eetvelt, la psychologue du centre, a commencé à voir Tine Nys en 2004. "Je la voyais à raison d'une fois par semaine, et deux fois par semaine en cas de moments de crise. Il était clair dès le début qu'il s'agissait d'un cas complexe. Tine avait d'importantes capacités (...) Être diagnostiquée borderline lui était inacceptable."

Tine avait "de graves crises avec de réelles pulsions suicidaires", a déclaré la témoin. Elle aurait d'ailleurs tenté de mettre fin à ses jours en juin 2009, c'est à ce moment que je lui ai donné l'adresse de Vonkel (un lieu de rencontres sur la fin de vie, présidé par le troisième accusé).