Une concession automobile de Gembloux a été malgré elle le théâtre d'une escroquerie rondement menée la semaine dernière. Le montant du préjudice pour les clients lésés: 11.000 €.

Dans la semaine, un homme se présente auprès d'un vendeur officiel de la concession, auprès duquel il prétend être marchand d'occasions. Il se dit intéressé par le rachat d'un véhicule d'occasion, une Audi Q3, affichée à 19.000 € (sur son lieu d'exposition mais aussi sur Facebook). Il en propose 500 € de moins. Pour le vendeur, l'affaire est bonne: en cédant la voiture à un professionnel de l'automobile, le garage évite de devoir couvrir la garantie sur une durée d'un an, le gain final est donc réel. Le soi-disant marchand, qui ne règle pas la somme directement, demande alors l'autorisation de faire venir des clients potentiels sur place.

Par après, l'homme revient et s'adresse à un autre vendeur de l'établissement, lui expliquant la situation et lui demandant cette fois de retirer l'affiche présente sur le pare-brise du véhicule, annonçant toujours les 19.000 € nécessaires à son acquisition. "Pour la vendre à un meilleur prix", affirme-t-il tout en précisant que l'affaire était arrangée avec le collègue de l'interlocuteur. 

Entre-temps, le "marchand" a trouvé des clients - grâce à une annonce sur internet -, qui se présentent à lui pour découvrir le véhicule, exposée en concession. Ils se mettent d'accord sur un montant bien inférieur à sa valeur: 11.000 €. Il pose cependant une condition: que les acheteurs paient directement et en cash. Malgré cette demande surprenante (et illégale, les transactions en cash sont plafonnées à 3.000 € en Belgique), devant une offre si basse et sans doute rassurés de se trouver dans le cadre d'une concession officielle, les clients approuvent. Il s'avère même qu'ils pensaient avoir affaire à un employé de ce garage !

Le culot du malfaiteur ne s'arrête pas là. Avec ses acheteurs, il rentre dans le showroom et s'installe dans la salle d'attente. Là, il se voit remettre l'argent. Il s'absente alors un moment, se dirige vers la réception et demande qu'on lui indique les toilettes. Il en profite pour s'échapper par une porte secondaire et sort en courant jusqu'à une voiture, où un complice l'attend. 

Ne voyant pas le marchand revenir, les clients s'inquiètent et demande au personnel (le vrai), où est passé leur "collègue". C'est alors que le pot aux roses est découvert. 

La police s'est rendue sur place et a dressé un portrait-robot sur la base des témoignages de deux employés de la concession. Celui-ci a permis d'identifier le suspect, qui serait déjà connu des forces de l'ordre. Une enquête est en cours.