L’accusée a toujours nié. Suzanne Thibeau, baignant dans une mare de sang, avait été retrouvée chez elle à Libramont le 3 janvier 2015 par un couple d’amis.

La première hypothèse, sur la base des constatations du médecin urgentiste, était celle d’une mort sans intervention d’un tiers, d’autant qu’il n’y avait pas trace d’effraction.

La femme aurait chuté à cause d’une perte de connaissance après s’être coupé la main. Mais les pompes funèbres avaient découvert une entaille au niveau du cou et prévenu la police.

Clara Maes s’était rendue dans la matinée chez son amie, à l’heure supposée de la mort.

L’expertise a en outre conclu qu’une partie des blessures de la victime, dont 12 coups au niveau du crâne et des lésions de défense aux mains, résultait de l’utilisation de débris d’un cache-pot, mais aussi de l’utilisation d’une arme piquante ou tranchante. Deux couteaux ensanglantés ont été découverts dans un tiroir chez Clara Maes.

L’enquête s’est intéressée au patrimoine de Suzanne Thibeau, qui jouissait d’une aisance financière. Veuve par deux fois, la victime n’a jamais eu d’enfants ou de descendants. Elle a enregistré ou modifié plusieurs testaments. Quelques semaines avant son décès, elle avait fait part à son notaire de la volonté de modifier des dispositions en vue de retenir comme légataires à titre universel une cousine par alliance à hauteur de 30 % et Clara Maes à 70 %. Cette dernière a dit au juge ne pas être courant.

Inculpée, Clara Maes, vu son âge, n’a jamais été placée sous mandat d’arrêt. Elle réside en maison de repos.