La peine, prononcée mardi soir à l’encontre de Patrick, 61 ans, est clémente : 5 ans de prison avec sursis probatoire pour le meurtre par empoisonnement de Sarah, qui avait alors 48 ans.

L’affaire était d’une tristesse infinie. Auteur et victime s’étaient rencontrés en avril 2016 alors qu’ils étaient tous les deux hospitalisés à la clinique La Ramée à Uccle, qui accueille des personnes en psychiatrie pour des séjours à court ou moyen terme.

Deux mois plus tard, une collègue de Patrick, qui était infirmier en soins palliatifs, avait donné l’alerte. Inquiète de ne pas le voir au travail, elle s’était rendue chez lui à Schaerbeek. Elle avait entendu une respiration difficile à l’intérieur. Elle avait poussé la porte et avait découvert sur un matelas un couple. Sarah était morte mais Patrick était mi-conscient.

Interrogé après avoir repris ses esprits, Patrick avait indiqué que Sarah lui avait demandé de l’aide pour mourir. Il avait expliqué qu’ils avaient décidé de partir à deux. Il avait d’abord fait des injections de morphine à Sarah. Il s’était ensuite piqué après avoir pris des médicaments. Il avait survécu.

Une lettre d’adieu, écrite par Sarah, avait été laissée sur place. Elle y expliquait qu’elle avait décidé de se suicider : "Cette décision que j’ai prise il y a plusieurs mois n’appartient qu’à moi." Ce qui n’avait pas surpris: Sarah était dépressive de longue date.

Après quatre jours de débats, le jury de la cour d’assises de Bruxelles-Capitale a retenu la culpabilité de Patrick, qui était en aveux.

Un débat complexe sur la peine

Mais, plus que la culpabilité qui ne faisait guère de doute, l’enjeu du procès était la peine. L’avocate générale Laure Wynands avait requis cinq ans avec sursis, estimant que "l’envoyer en prison n’apportera rien. Une peine de cinq ans de prison avec sursis sanctionnera adéquatement les faits".

Elle avait retenu comme circonstances atténuantes l’absence d’antécédents judiciaires, les aveux, les regrets, les problèmes rencontrés tant par la victime que par l’accusé, l’enfance difficile de ce dernier ainsi que ses difficultés familiales.

La défense avait pointé des failles dans le système de protection des maladies mentales. "Monsieur n’était pas prêt à sortir de la clinique La Ramée. Or, il en est sorti et a pu reprendre le travail dans le cadre duquel il avait un accès non contrôlé à certains produits et médicaments. Il n’a eu droit à aucun accompagnement, ce qui est aberrant après de tels antécédents".