Le Forum des jeunes a lancé une consultation sur le sujet de mars à mai auprès de 1.408 jeunes de 16 à 30 ans en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il en ressort notamment que 31% des répondants ont indiqué avoir déjà été contrôlés et sept sur 10 dénoncent "les contrôles policiers qui ciblent systématiquement les jeunes". Par ailleurs, seuls 18% s'estiment bien informés de leurs droits et devoirs et souhaitent pour la plupart l'être davantage. Pour ces jeunes, cela devrait être le rôle de l'école et de la police elle-même.

Un autre point abordé dans l'enquête concerne les Sanctions administratives communales (SAC). Les jeunes pointent un manque de connaissance. En effet, seuls 27% savent ce dont il s'agit.

Le Forum a aussi interrogé les jeunes sur ce qu'ils ressentaient en voyant une patrouille en rue. La première réponse est la sécurité. Viennent ensuite la crainte puis le respect, la colère se trouvant plus loin. "Cet ordre est très révélateur. (...) Le respect vient en troisième position: même si c'est de peu, il est donc cité après la crainte, ce qui suffit à indiquer qu'une réflexion d'ensemble sur la relation entre jeunes et police est indispensable", exprime l'organisation. D'autant que les sentiments négatifs augmentent fortement avec l'âge.

Au sujet des violences, les répondants sont d'avis que les coupables de dérapages doivent être clairement et fortement sanctionnés. "Tant que les jeunes auront l'impression qu'une certaine impunité règne pour les policiers déviants, les discours positifs auront du mal à porter vraiment leurs fruits."

Enfin, les participants estiment que pour qu'un Etat reste démocratique, la police doit faire l'objet d'un contrôle mais pas par elle-même, "sous peine d'échouer dans cette tâche jugée essentielle".

Sur base de cette consultation et de travaux, le Forum des jeunes a développé un plaidoyer, demandant entre autres une révision de la formation des policiers "orientée vers une meilleure gestion des aspects relationnels et humains", des sanctions réelles à l'égard des policiers coupables de violences physiques et psychologiques, des rencontres entre jeunes et policiers dans un cadre concerté ou encore le retrait des mineurs du champ d'application de la loi sur les Sanctions administratives communales.