La DH l'avait révélé en exclusivité mardi: une opération de police d'une ampleur inédite dans notre pays a été réalisée cette semaine. Plus de 200 perquisitions ont été menées un peu partout dans le pays, principalement à Anvers, et 48 personnes ont été arrêtées à ce jour. Parmi elles, deux agents anversois. Il s'agit d'un certain D.L. et de sa compagne - qui travaille dans un bureau de quartier-, comme l'écrivent nos confrères de HLN. Si cette dernière a été libérée après audition, ce n'est pas le cas du premier cité, qui comparaîtra ce vendredi devant le juge d'instruction anversois.

Les enquêteurs s'intéressaient particulièrement à cet homme au gabarit impressionnant, déjà surnommé "Hulk" par la presse flamande. Une "armoire à glace" qui exerce au sein de la brigade des stupéfiants d'Anvers. Un travail de terrain, qui le plaçait au coeur de la lutte contre le trafic de drogue. Il est désormais soupçonné de corruption et d'appartenance à une organisation criminelle. Selon HLN, il pourrait avoir transmis des informations sensibles aux gangs criminels, avec lesquels il était en contact.

700.000 euros à Dubaï

En apparence, D.L. avait pourtant tout du flic modèle. Il venait d'avoir un enfant avec sa compagne, en novembre dernier. Il avait aussi lancé sa propre activité autour du fitness et des compléments alimentaires, sa grande passion. L'homme distillait des conseils sur les réseaux sociaux pour guider ceux qui espéraient avoir la même musculature que lui. Et les affaires semblaient bien tourner: il roulait avec une voiture à 30.000 euros et s'était même offert une moto à 16.000 euros. La rumeur disait aussi qu'il possédait un compte à Dubaï, sur lequel se trouvent pas moins de 700.000 euros. Cela a attiré l'oeil des enquêteurs qui avaient des soupçons depuis longtemps.

A la police d'Anvers, c'est geen commentaar. "Nous sommes au courant et nous laissons l'appareil judiciaire faire son travail", a déclaré jeudi le porte-parole de la police, Wouter Bruyns. "Nous ne sommes pas autorisés à faire des déclarations sur des cas comme celui-ci en raison de notre rôle d'autorité disciplinaire. Nous avons confiance dans le déroulement de l'enquête judiciaire."

Le bourgmestre Bart De Wever (N-VA) n'a pas été beaucoup plus loquace. "Nous savions que cette enquête exceptionnelle avait des ramifications dans les hautes sphères. Les services de sécurité n'y échappent évidemment pas. Nous l'avions déjà vu par le passé dans d'autres dossiers."

D.L. aurait en tout cas transmis des fichiers et des bases de données de la police aux criminels. Les enquêteurs veulent maintenant répondre à deux questions: a-t-il été payé pour ces services ? Et si oui, où est passé l'argent ?