Le président américain Donald Trump a accueilli jeudi son homologue français Emmanuel Macron à l'ambassade des Etats-Unis à Bruxelles pour leur toute première rencontre, un déjeuner de travail en marge d'un sommet de l'Otan, a constaté un journaliste de l'AFP.

Melania Trump était également sur le perron de l'ambassade pour recevoir le nouveau président français. Au menu, chargé, de la rencontre prévue pour durer plus d'une heure: le sommet de l'Otan et celui du G7 qui s'ouvrira jeudi en Italie, les crises régionales (Syrie, Ukraine, Corée du Nord...), l'économie et le respect, toujours incertain, par la nouvelle administration américaine de l'accord de Paris sur le climat.


Trump rencontre Tusk et Juncker à Bruxelles

Le président américain Donald Trump a été reçu jeudi à Bruxelles par les présidents du Conseil et de la Commission européens, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, pour sa première rencontre avec les dirigeants d'une UE qu'il a sévèrement critiquée.

M. Trump a été accueilli par M. Tusk dans un bâtiment du Conseil, l'institution représentant les Etats membres de l'UE, où des drapeaux américains avaient été dressés aux côtés de la bannière bleue étoilée de l'Union et de celles de ses 28 membres.

Les deux hommes ont ensuite été rejoints par M. Juncker, puis une réunion élargie a eu lieu avec notamment le président du Parlement européen Antonio Tajani et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Cette première rencontre entre le président américain et les principaux dirigeants de l'Union européenne a duré environ une heure et demie.

Des thèmes comme le commerce international et le changement climatique pourraient faire l'objet d'échanges, avait indiqué un responsable européen avant la rencontre.

Sur une courte vidéo diffusée par les institutions européennes, on entend M. Tusk dire à M. Trump: "Vous savez monsieur le président que nous avons deux présidents dans l'UE?". "Oui, je le sais", répond M. Trump. "Il y en a un de trop", plaisante ensuite M. Juncker.

"J'ai l'intention de convaincre le président des Etats-Unis que (l'alliance) euro-atlantique signifie que le monde libre coopère pour empêcher un ordre mondial post-occidental", avait affirmé M. Tusk mercredi soir sur son compte Twitter.

"Les relations transatlantiques sont un élément clé de la sécurité et de la prospérité mondiale", a renchéri jeudi matin le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, peu après le début de la rencontre tripartite.

Lien euro-atlantique

En tournée à l'étranger depuis dimanche, le président américain devait participer jeudi après-midi à une rencontre avec l'ensemble des chefs d'Etat et de gouvernement des pays membres de l'Otan, au nouveau siège de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Sa première rencontre avec les dirigeants de l'UE intervient dans un contexte d'incertitudes sur la politique européenne du nouvel hôte de la Maison Blanche, qui a soufflé le chaud et le froid sur Bruxelles ces derniers mois.

Quelques jours avant sa prise de fonction, avait notamment prédit que "d'autres pays vont quitter" l'UE en suivant l'exemple de Londres et du Brexit.

Le président américain s'est plus tard ravisé en félicitant les Européens pour leur gestion du départ programmé du Royaume-Uni.

"J'aurais pensé, quand cela s'est produit, que d'autres (pays) suivraient, mais je pense vraiment que l'UE est en train de se ressaisir", a-t-il estimé début avril, tout en maintenant que le Brexit restait "une très excellente chose pour le Royaume-Uni et une très, très bonne chose aussi pour l'UE".

Parmi les autres sujets de friction entre l'UE et les Etats-Unis, le plus récent concerne l'interdiction envisagée par les Etats-Unis des ordinateurs portables et autres tablettes en cabine à bord des avions en provenance d'Europe.

Sur le plan commercial, le protectionnisme affiché par Donald Trump crispe les Européens, qui s'inquiètent de sa remise en cause des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

L'agenda du président américain, ce jeudi

Arrivés à Bruxelles mercredi en fin d'après-midi, Donald Trump et son épouse Melania poursuivent leur visite éclair en Belgique jeudi avec un programme pour le moins serré. Jeudi matin, Melania Trump visitera l'hôpital des enfants Reine Fabiola.

Le président américain prendra quant à lui la direction du quartier européen pour une rencontre avec les présidents du Conseil et de la Commission européenne, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, élargie ensuite au président du Parlement européen, Antonio Tajani et à la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini.

A l'heure du déjeuner, Donald Trump et Emmanuel Macron doivent s'entretenir, dans un lieu encore inconnu.

Jeudi après-midi, une réunion spéciale des pays membres de l'Otan est prévue aux alentours de 16h00, avec une cérémonie de remise des clés du nouveau quartier général de l'Otan - dans la construction duquel la Belgique a joué un rôle primordial - par Charles Michel au secrétaire général. Un défilé aérien d'avions de combat et de transport alliés au dessus du nouveau siège de l'Otan est ensuite attendu à 17h27.

Un programme spécifique a par ailleurs été concocté pour les conjoints des chefs d'Etat et de gouvernement qui feraient le déplacement. Ainsi, Melania Trump assistera à une visite du Musée Magritte dans l'après-midi, suivie d'un passage à la boutique Delvaux. Les conjoints se rendront ensuite au Château de Laeken, pour une promenade dans les Serres royales. La Reine les recevra enfin à dîner pour terminer la journée.

Le couple présidentiel américain quittera la Belgique après ce mini-sommet, pour se rendre en Sicile, où Donald Trump assistera à un sommet du G7.